Autres : Reste de actualité sportive
Federer d'une raquette de fer, des Français bien en selle et retour aux sources pour Renault F1
Tennis : Federer, encore et toujours
Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort. Tel serait la devise du Suise Roger Federer. Dimanche, à l'heure du poulet en famille en France, le grand Roger remportait son seizième titre du Grand Chelem face au courageux, mais impuissant, britannique, Andy Murray. Après un premier set où Federer a du sauver trois balles de break à deux partout, il a su renverser la tendance au moment où Murray était déficient dans ses premières balles. Il conclut magistralement ce set sur un revers croisé court, 6-3 pour le Suisse, en 43 minutes. Réalisant un break blanc dès l'entame du second set, Federer met au supplice le n°2 mondial en l'obligeant à sauver plusieurs balles de double-break à 3-1, puis 4-2, avant de remporter le second set 6-4 en 46 minutes et de mener deux sets à rien face à un Andy Murray désabusé. Le troisième set, qui sera finalement le dernier nous offrira un final de toute beauté, d'une intensité rarement vécue dans un match de tennis. Alors que le Britannique mène 5 à 3 dans ce troisème set, il perd ses moyens au moment de servir pour le set et laisse le roi Federer revenir pour un tie-break des plus renversants. En tête jusqu'au moment décisif, il obtient alors deus balles de set pour revenir à deux sets à un. Mais ce moment va déclencher une véritable montagne russe d'émotions. Alternant balle de match pour Federer et balle de set pour Murray, le Britannique ne fructifie pas ses cinq balles de set. Dans le dernier virage, après 40 minutes d'un tie-break haletant, Federer voit le retour de Murray mourir dans le filet. Après 2h41' de jeu, Federer est donc une nouvelle fois consacré à l'Open d'Australie. Après Safin en 2004, Baghdatis en 2006, Gonzalez en 2007, le Suisse efface donc de son chemin Andy Murray en finale de l'Open d'Australie. A seulement 28 ans, Roger a encore de quoi voir venir. Déchaînant tout les records de Pete Sampras, l'emblématique, Federer, comme les handballeurs français, est en train d'écrire une page inoubliable du tennis. Surtout quand on se rend compte que Federer évolue et s'améliore dans son jeu, il semble parti pour réaliser le Grand Chelem parfait en cette année 2010. Il s'impose désormais "en vrai père Fouettard" pour reprendre mes confrères de L'Equipe. Dans les autres résultats, on notera le nouveau sacre Williams en Australie, avec Serena en simple qui bat la re-re-revenante Belge, Justine Hénin (6-4, 3-6, 6-2), et les deux soeurs réunies en double féminin contre le duo Black-Huber, en deux sets (6-4, 6-3). On notera aussi que le double américain des frères Bryan s'est une nouvelle fois imposé face au duo serbo-canadien Zimonjic-Nestor en trois sets (6-3, 6-7 (5-7), 6-3). Avec ce que nous avons pu voir en Australie, je reste impatient d'assister au prochain tournoi du Grand Chelem, chez nous, en France, à Roland-Garros.

Malgré tout ses efforts, Murray n'a pu renverser la montagne suisse Federer [AFP]
Cyclisme : Des Français à l'honneur
Je voulais absolument toucher deux mots des quelques performances cyclistes du week-end, dont vous n'êtes pas forcément à la pointe de l'actualité. Avait lieu ce week-end la première manche de la Coupe de France de cyclisme, avec le Grand Prix "La Marseillaise". Dans une course mouvementée et animée par les Français, c'est un Tricolore qui va réussir à s'imposer au sprint dans un groupe de neuf. On a notamment pu admirer la très bonne forme de Brice Feillu, qui avait "la giclette" d'après ses propos d'après-course. Repris à moins de 400 mètres de la ligne, le cadet des Feillu, désormais chez Vacansoleil, avait du se résoudre à laisser la victoire aux sprinteurs. Alors que Dumoulin pensait s'imposer, Jonathan Hivert, ex-Skill Shimano, désormais chez Saur-Sojasun, l'équipe managé par Stéphane Heulot, accélérait et déposait Dumoulin pour s'imposer en grand et prendre la tête de la Coupe de France, devant Hoogerland (Vacansoleil) et Dumoulin (Cofidis). Les deux équipes qui avaient géré la course se donc fait piégé par la petite équipe qui monte, Saur-Sojasun, qui rêve toujours d'un Tour de France, qui semble toutefois assez utopique pour la formation 100% française (ce qui reste tout à son honneur). Pour les amateurs, la prochaine étape aura lieu dans le 49, Maine-et-Loire, pour la Cholet-Pays de la Loire. En espérant que les Français continuent à briller...

Hivert peut lever les poings : il remporte la première course de sa carrière [AFP]
Ce week-end avait lieu aussi les championnats du monde de cyclo-cross. A Tabor, en République Tchèque, Zdenek Stybar a été prophète en son pays. Sur un circuit gélé et très délicat pour les coureurs, il a réussi à briser la grand hégémonie belge dans ce sport. Côté français, Francis Mourey a une nouvelle fois décroché une cinquième place lors d'une compétition mondiale, ce qui semble vraiment correspondre à son rang. Pourtant, cette fois-ci, il est resté au contact des leaders jusqu'à l'attaque terrible, fatale et victorieuse de Stybar. Au final, le Français ne termine qu'à 18 secondes du podium et du Belge Nys. Malheureusement pour lui, il a chuté quatre fois, dont deux chutes à quelques centaines de mètres d'intervalle. A ce niveau-là, ces erreurs ne pardonnent pas. Il lui manque donc toujours ce petit plus qui pourrait le faire basculer dans véritable cour des Grands, avec des espoirs de couronnement.
Francis Mourey n'aura pu hisser son maillot tricolore au-dessus de la 5° place [DarkSideX]
Automobile : Renault fait avec les moyens du bord
Renault F1 Team présentait à Amsterdam ce week-end sa nouvelle monoplace, la R30 (encore mieux que la R19 WRC, signé GRD, gris métallisé), ainsi que ses deux nouveaux pilotes titulaires. Le premier était connu de tous depuis la fin de saison dernière en la personne du Polonais Robert Kubica. Le second, par contre restait l'inconnu du week-end. Ce ne sera pas un Français comme on aurait pu l'espérer avec Romain Grosjean, Franck Montagny ou encore Sébastien Bourdais, mon chouchou. Ce sera finalement un jeune Russe, Vitaly Petrov, qui prendra place dans la monoplace, avec sa valise de sponsors remplie au ras bord de petite coupure. Ce grand gaillard (1,85 pour 75 kilos) a terminé deuxième des GP2 Series, l'antichambre de la F1, avec 11 podiums dont 4 victoires et 2 poles positions en 2009, loin derrière le champion GP2 en titre, l'Allemand Nico Hulkenberg, qui fera ses débuts en F1 chez Williams-Cosworth cette saison.
Mais si Robert Kubica, remplaçant du double champion du monde Fernando Alonso, parti à l'intersaison chez Ferrari, paraît indiscutable, son coéquipier Petrov, inexpérimenté au plus haut niveau, l'est bien moins. "Ce n'est pas une histoire d'argent. Romain [Grosjean] aussi en amenait", a commenté Eric Boullier, le nouveau directeur de Renault F1, faisant écho à Gérard Lopez, dirigeant de Genii Capital, le nouvel actionnaire de Renault F1. "Vitaly apporte des sponsors. Mais il y a d'autres pilotes qui pouvaient en apporter le double", a ainsi déclaré Lopez. "Vitaly est un choix peut-être risqué. Mais on doit aussi penser à la pérennité de l'entreprise dans le futur", a poursuivi Eric Boullier. Autant dire qu'on se retrouve une nouvelle fois avec une histoire de gros sous, qui empêchent tout pilote français de pouvoir percé dans le milieu. Parce qu'il faut se rendre à l'évidence : autant Grosjean était excellemment mauvais au volant d'une Formule 1, autant Sébastien Bourdais avait du talent dans une monoplace. Le Sarthois a été pénalisé par son franc-parler, qui ne plaît pas dans le milieu fermé de la F1. Et comme le Sarthois n'a pas l'argent pour la bonne "pérennité de l'entreprise dans le futur", nous, amateurs français de sport automobile, pouvons toujours nous brosser pour voir un Français en F1. Maintenant, on engage des pilotes les malettes pleines d'argent sale plutôt que des pilotes de talent. Désolant.
"Petrov est un gars qui sur le papier a prouvé qu'il pouvait aller vite. En plus, on a la chance qu'il soit Russe, un marché à développer, pas facile et pas pro-F1. Aujourd'hui, ils sont à fond dans les Jeux Olympiques. Mais la F1, c'est pas encore leur truc", a ajouté Eric Boullier. "Pour la pérennité de l'entreprise, si demain, Petrov gagne des courses et est capable de challenger Robert, c'est plus facile", a également estimé le directeur d'écurie. De là à ce que le roi de la Kalachnikov monte sur le podium, Bourdais aura remporté 10 fois les 24 Heures du Mans et autant de fois le Champ Car US. Quand l'argent tue le sport...
Côté véhicule, on remarquera un retour aux couleurs des années 1980's, jaune et noir, sans aucun sponsor sur la voiture. Outre une ligne plus svelte que son ainée la R29 et un châssis revu, la nouvelle venue doit faire face à l'interdiction totale de ravitailler durant les Grands Prix, et adopte en conséquence un réservoir plus volumineux.
Eric Boullier, quant à lui, a félicité les membres de l’équipe pour leur travail lors de la présentation: "Nous avons travaillé d’arrache pied tout au long de l’hiver afin d’être prêts pour cette nouvelle saison. La R30 devrait être une voiture compétitive, solide et fiable. Elle bénéficiera également d’un programme de développement agressif. Nous sommes prêts pour les premiers essais de 2010 et nous avons hâte de mesurer la performance de la voiture."
Kubica (à g.) et Petrov (à d.) arborent leurs nouvelles couleurs jaune et noir [Andrew Ferraro]