Football : Angleterre - France (match amical)

Publié le par Neibaf Levuahc

 

Wembley, ce jardin à la française...

 

 

 

 

                               1   -   2    

 

 

 

By Fabien CHAUVEL

 

 

 

Un match amical en plein novembre a-t-il réellement encore un sens profond ? Pas d'enjeu, des équipes expérimentales puisque les prochaines échéances européennes pour les nations ne sont pas demain. Surtout qu'en Angleterre, ce match est passé totalement inaperçu. La faute à qui ? La faute à la famille princière, dont le fils Harry va bientôt se marier. Evidemment, cette actualité fait la une des journaux et tabloïds anglais et éclipse totalement ce match amical. Qui plus est, la moitié de l'équipe-type anglaise n'est pas présente pour causes de blessures plus ou moins officielles et officieuses. Mais comme le dit le maître le plus contestable du football, je veux bien entendu parler de Christian Jeanpierre, "c'est un match de gala et une rencontre toujours spéciale entre les deux nations." Mouais... Au moins, ce match doit permettre d'oublier cette polémique stupide des primes en France. Enfin devrait...

Avant le coup d'envoi, et même les hymnes, on a eu le droit à quelquechose d'exceptionnel. Oui ! Fernand Duchaussoy en sortie officielle comme un président officiel de fédération nationale de football. Sauf que le bedonnant à chemise bleue, il fait juste l'intérim. Faudrait pas qu'il l'oublie... Pour le match, les Anglais se mettaient les premiers en évidence avec un coup-franc limpide de Steven Gerrard l'éternel aux 30 mètres, mais Lloris, capitaine du soir, s'interposait sans souci (1'). Les Français répliquaient timidement par Florent Malouda, tant critiqué ces derniers temps. Mais sa frappe trouvait les gants de Foster, qui failli se trouer dans sa prise de balle avant de se ressaisir du ballon en deux temps (8'). Il faudra alors attendre l'homme providentiel des Bleus, Yoann Gourcuff, pour voir la première véritable occasion avec une frappe tendue aux 20 mètres que Foster repoussait comme il pouvait en corner dans le pur style des gardiens folklorique anglais (12'). Une occasion qui venait démontrer la bonne entame des hommes de Laurent Blanc, avec un Nasri virevoltant, un Malouda entreprenant et un Sagna tranchant dans ces centres et dans ses interventions défensives. En face, les Anglais bafouillaient leur football, dégageant en catastrophe lors de leurs phases défensives, comme paniqués par la situation. "Du n'importe quoi" comme dirait le pro' de TF1, Bixente Lizarazu. Dans une telle défense, c'est l'attaquant qui devrait se régaler. Après les Bosnie et le Luxembourg, Karim Benzema, le vrai-faux banni du Real Madrid et de José Mourinho débloquait une nouvelle fois la situation. Après une feinte de frappe et un subtil une-deux avec Malouda aux abords de la surface, l'ex-Lyonnais laissait sur place la défense à plat britannique et trompait d'une frappe pleine de sang-froid Foster (0-1, 16'). Un but qui concrétisait la domination française du premier quart d'heure. Les Français déroulaient leur football et humiliaient (presque) les Anglais. Sur une perte de balle stupide au milieu de terrain, Nasri combinait avec Malouda, avant de retrouver Benzema, dont la frappe trouvait le petit filet (28'). Après une première demie-heure extrêmement convaincante, les Bleus baissaient progressivement de rythme, laissant aux Anglais le loisir de tripoter le ballon sans montrer bien dangereux, du fait d'un manque criant d'engagament et de précision et qualité techniques. Seul Caroll apportait un semblant de danger sur les buts de Lloris, sans pour autant donner des sueurs froides au portier de Lyon (32', 35'). Quand on parlait de match amical, les Anglais en faisaient un vrai. Décevant... Heureusement que l'arbitre danois mettait un terme à cette fin de première mi-temps, ennuyante comme un cours d'Histoire Médiévale avec le Roi du Macaron. Face à une équipe receveuse pitoyable par moment, les visiteurs menaient logiquement au score à la pause, sous les huées des 90 000 spectateurs de Wembley.

  

Le grand n'importe quoi de l'Angleterre 

 

 

Pour la seconde période, Fabio Capello chamboulait son équipe en effectuant trois changements, histoire de réveiller les siens, totalement amorphes pendant plus d'une demie-heure en première période. Dès les premières minutes, les Anglais essayaient de montrer plus d'impact physique. Peut-être trop pour Henderson, coupable d'un vilain tacle en retard sur Gourcuff après une roulette à la Zidane de l'ancien Bordelais (48'). Mais c'était bien une nouvelle fois les Français qui prenaient leur jeu à leur compte. Une touche de balle, de la disponibilité, de la vitesse et de la fluidité, les Bleus se balladeraient presque... Sur une combinaison bien huilée entre Nasri, Gourcuff et Sagna, le latéral d'Arsenal délivrait une nouvelle fois un centre parfait vers Valbuena qui reprenait de volée le cuir, seul en pleine surface de réparation. Bien croisée, sa frappe ne laissait aucune chance à Foster, qui ne prit même pas la peine de se coucher (0-2, 55'). La France est à la fête et l'Angleterre... à la rue. Pourtant menés 0-2, les Three Lions ne réagissaient pas, avec un pressing en forme de "grand n'importe quoi, à deux à l'heure, sans aucune attention d'aller chercher le ballon. Fou !", pour reprendre les mots de Bixente. "On a rarement vu une équipe anglaise aussi apathique", constatait même Wenger. C'est dire ! No Fighting Spirit. No Ambition. A Real Exhibition. Pathétique. Tout l'inverse des Français, conquérants et séduisants. De quoi faire aimer l'équipe de France pour ceux qui l'avaient délaisser sous l'ère terrible du Roi du Poker, Tonton Raymond. Dans cette équipe anglaise perdue, seul Gerrard essayait péniblement de surnager. Mais, manque de chance ou de ce que vous voulez, sa tête heurtait le sommet de la barre (63'). Dans une seconde mi-temps beaucoup moins palpitante, il faudra attendre la 71' pour voir l'événement du match. Bothroyd, ancien joueur d'Arsenal et de Pérouse entre autre, actuellement à Cardiff en Championship (2° division) faisait son entrée sur le terrain. Un joueur de D2 dans un tel match. Imaginez la même situation en France... On pourrait s'marrer. Les changements anglais apportaient un plus dans l'équipe. Résultat : du pressing, de l'agressivité, de la provocation et des occasions. Le scénario s'inversait peu à peu et Gerrard inquiétait une nouvelle fois Lloris sur un loupé grotesque de Rami, mais le ballon fuyait le but (80'). Malmenés pour le dernier quart d'heure, les Français réagissaient via Samir Nasri le Gunner. Mais sa frappe venait heurter le poteau de Foster, qui semblait battu (82'). C'est dans un stade se vidant de sa substance anglaise que les joueurs de Capello réduisaient le score. Sur un corner tiré au second poteau, Peter Crouch se détachait du marquage d'Alou Diarra et reprenait plat du pied le ballon pour tromper Lloris, seulement... 18 secondes après son entrée en jeu (1-2, 86'). L'espoir renaissait pour les hommes de la Queen Couine. Les Français souffraient dans les ultimes instants. Après plusieurs voyages du ballon dans la surface, Johnson remisait vers Bothroyd dont la tête était captée de façon très aérienne par Lloris (90'+2). Les Anglais ne reviendront donc jamais au score.

Une nouvelle fois, après 1999 et le doublé du banni et du condamné à la peine de mort Anelka, la France s'imposait une nouvelle fois à Wembley. Un an jour pour jour après la fameuse qualification en Coupe du Monde contre l'Irlande et une certaine main d'Henry. Face à une équipe anglaise rajeunie, mais très décevante, les hommes du Président Blanc ont su maîtriser leur sujet de bout en bout, excepté les dix dernières minutes, avec la réduction du score. Avec un excellent Nasri, un Benzema toujours buteur en Bleu, l'Equipe de France poursuit sa marche en avant vers la création d'un bon niveau de jeu afin de remonter au classement FIFA. Et, sincèrement, après ce match, même si le match est amical et que les Anglais l'ont joué un peu trop à la légère, les Français ont su se montrer conquérants et plaisants à voir. Le tout malgré quelques passages à vide et d'ennui. Mais ces Bleus là me font plaisir. Et me font aimer cette Equipe de France. Et Dieu sait que c'était pas gagner. Maintenant, les internationaux nous disent Bonne Année, avant de les retrouver en février pour un autre amical, contre un adversaire encoreplus prestigieux : le Brésil.

 

Angleterre - France : 1-2 (0-1)

Arbitre : M. Larsen

Affluence : 85 495 spectateurs

 

Buts : Crouch (86') pour l'Angleterre ; Benzema (16'), Valbuena (55') pour la France

 

Avertissements : Henderson (48') pour l'Angleterre

 

Angleterre : Foster - Jagielka, Ferdinand (cap.) (Richards 46'), Lescott, Gibbs (Warnock 71') - Milner, Barry (Young 46') - Henderson, Gerrard (Crouch 84'), Walcott (Johnson 46') - Caroll (Bothroyd 71').

 

France : Lloris (cap.) - Sagna (Réveillère 86'), Rami, Mexes (Sakho 46'), Abidal - Gourcuff (Hoarau 84'), M'Vila, Nasri - Valbuena (Diarra 69'), Benzema (Rémy 69'), Malouda (Payet 77').

 

 

 

 

Benzema et Valbuena (à droite), les deux buteurs du match, peuvent savourer leur succès dans l'antre mythique en compagnie d'Eric Abidal (à gauche). [Franck Fife]

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Publié dans Football

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