Football : Bayern Munich - Inter Milan (les notes)

Publié le par Neibaf Levuahc

 

Milito, l'homme des matchs décisifs

 

 

 

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By Fabien CHAUVEL

 

 

Un match ennuyeux dites-vous ? Je dirais plutôt une véritable bataille tactique, une véritable partie d'échecs entre Kasparov et Topalov, sauf que sur ce match, on avait l'antipathique Van Gaal qui ne tire jamais un sourire et vers qui on irait pas demander un renseignement, et le beau gosse Mourinho, le Special One, qui nous a tout fait cette saison (déclarations, provocations...) mais qui reste un excellent technicien. Résultat, il a fait mentir le dicton le plus vieux du football : "Le football se joue toujours à 11, mais au final, c'est toujours l'Allemagne qui gagne." Perdu. Cette fois-ci, l'Inter et sa force défensive combinée avec son explosivité offensive a fait dérailler le train bavarois, bien handicapé par l'absence de Ribéry. Pourtant, les hommes de Van Gaal n'ont pas démérité, mais en face, ils étaient vraiment plus forts, possédant plus de qualités individuelles. Retour sur les performances des 22 acteurs, ainsi que des remplaçants.

 

 

Bayern Munich : (moyenne de 5,7/10)

 

Butt - 6 : Pendant longtemps, il a repoussé l'échéance. Il s'est tout d'abord mis en confiance par une sortie aérienne autoritaire (1') avant de multiplier les arrêts devant Sneijder et Pandev. Son seul ennemi de la soirée fut Milito et Demichelis. L'attaquant argentin ne lui a laissé aucune chance sur ses deux tentatives, tandis que le défenseur argentin à pris la tasse. Une performance honorable au vue de la physionomie du match, malgré deux buts encaissés où il n'est pas exempt de tout reproche.

 

Lahm - 6 : Il a montré de la volonté, la volonté d'aller vers l'avant. Il a apporté le soutien nécessaire à Robben en multipliant les débordements et les centres, toujours de qualité et dangereux. Sans pour autant apporter la décision finale. Défensivement, il a contenu un temps le duo Sneijder-Milito. Mais tout seul, à la longue, il a commencé à montrer des signes de fatigue et de lassitude. Résultat, il est gravement en retard sur le second but de Milito, où jamais il n'a semblé en mesure de faire l'effort pour revenir. Tout comme Butt, une prestation honorable avec ce petit truc en moins qui aurait pu faire la différence.

 

Van Buyten - 6 : Tout comme Lahm, il a tenu la maison Rouge avant de céder définitivement sur le second but de Milito où il est amusé par l'attaquant argentin. Il n'a jamais pu aller au devant de son adversaire et l'a laissé avancer pour le laisser rentrer dans la surface et se faire éliminer. Sinon, avant cet épisode facheux, l'ancien Marseillais avait réalisé une prestation plutôt correcte, avec notamment un sauvetage de grande classe dans sa surface sur une tentative de Milito. Mais la force offensive en face était trop impressionnante pour être canalisé par la défense de moindre niveau du Bayern.

 

Demichelis - 3 : Il n'a strictement rien fait de bon le pauvre défenseur argentin ! Il a tout d'abord multiplié les fautes, dont un méchant tacle par derrière sur Milito qui lui valu un carton jaune logique (25'). Ensuite, il a essayé de ralentir sur les fautes, mais aussi de ralentir sur le marquage. Sur le long dégagement de Julio César, il ne va pas au duel dans les airs pour prendre le ballon à Milito. Et sur le une-deux, il oublie la course en avant de Milito et le laisse filer au but. Une double erreur grossière qui coûte très cher au final. Sur le second but, il n'est pas exempt de tout reproche. Avec ça en Coupe du Monde, l'Argentin peut se faire du souci défensivement parlant.

 

Badstuber - 4 : L'erreur de la soirée ! Pourquoi Van Gaal a titularisé ce joueur et laissé Contento s'échauffé pendant 90 minutes sans le faire rentrer ? Cela restera le (mon) mystère de cette finale de la Champion's League. Autant Contento va vers l'avant, ose, possède une qualité technique intéressante et peut apporter le danger offensivement tout en sachant défendre proprement, autant Badstuber se la joue comme Gallas. Il n'a jamais semblé en mesure d'apporter quoique ce soit. Le si peu qu'il a apporté, il aurait pu se le garder, sa qualité de centre frôlant le néant. Heureusement que défensivement, c'était correct. Sinon...

 

Van Bommel - 5 : Lui que l'on remarque souvent sur le gazon vert pour son mauvais caractère et ses mauvais gestes s'est fait très discret pendant cette finale. On peut presque dire qu'il a fait un match quelconque. Excepté une frappe en première période, il n'a guère montré de choses intéressantes. Un bon travail de récupération, mais sans plus. Assez décevant. Un carton jaune (77') pour conclure une prestation bien terne.

 

Schweinsteiger - 6 : Il a fait un match très propre, à défaut d'être flamboyant. Très actif au niveau de la récupération, il n'a pas hésité vers l'avant en apportant sa technique et son atout offensif. Il a eu la passe juste et une belle vision du jeu. Le seul bémol à relever, c'est qu'il n'a pas assez tenté de frapper de loin, lui qui a une frappe pure et de qualité. Il n'a pas assez exploité le secteur des frappes lointaines pour déstabiliser une défense italienne bien regroupée. Dommage.

 

Robben - 7 : Le meilleur Bavarois de la rencontre avec Altintop. Tel Cristiano Ronaldo, le prodige néerlandais a beaucoup tenté au but, sans rien récolter, excepté la médaille du perdant. Il a mis, dès les premiers instants de la rencontre, Chivu sur le grill, en multipliant les appels de balle et débordements. Sa vitesse balle au pied a considérablement gêné le latéral gauche de l'Inter. Les Milanais ont du d'ailleurs se mettre à deux sur Robben pour le cadenasser. Mais même encadré par deux joueurs, il avait toujours la passe juste et cette vision du jeu. Il aurait pu être le héros de tout un peuple Rouge et Blanc, mais ses tentatives ont toujours trouvé les gants de Julio César. Il s'est démené, a mouillé le maillot, sans succès. Il a légitimement le droit d'être déçu.

 

Altintop - 7 : Il a été tout simplement monstrueux pendant le premier quart d'heure de la seconde période ! En première mi-temps, il s'est montré discret, mais utile au collectif. Il a du s'adapter au manque de participation offensive de Badstuber et se débrouiller seul face à Maicon. Après un premier duel perdu, il s'est alors contenté de bien distribuer les ballons qu'ils recevaient, sans chercher compliqué. Mais en seconde période ! Il a tout fait ! Tout d'abord, il a failli être passeur décisif si Müller avait été plus précis devant le but (46'). Puis il mit la 6° pour mettre à feu la défense Nerazurri. Percussion, conduite de ballen dribbles chaloupés, tout y était ! Il aurait pu lui aussi être le héros de tout un pays avec plus de réussite. Mais ses deux tentatives trouvèrent les petits filets latéraux (54'), puis les gants du portier adverse (60'). Remplacé par Klose (63'), qui fut invisible, aussi simplement que cela soit-il dit. Une autre erreur de Van Gaal d'avoir sorti le Turc pour le dépassé Klose.

 

Olic - 6 : Il a été beaucoup moins transcendant que contre Lyon au match retour, mais il n'a pas été avide d'efforts. Tel Ludovic Genest à Laval, il a récupéré des ballons, mais manqué d'efficacité devant le but. Avec plus de vivacité, il aurait pu ouvrir le score si son pied n'avait failli à la reprise du ballon (9'). Il s'est éteint au fur et à mesure du match pour disparaître. Remplacé à temps par Mario Gomez (74'), qui a été tout aussi transparent que Klose. Un coaching perdant de Van Gaal.

 

Müller - 6,5 : Le moins que l'on puisse dire, c'est que lui aussi il a osé de choses. Sauf que la technique lui a grandement manqué. Il a essayé de provoquer la chance, notamment sur une action splendide où il enchaîna une aile de pigeon et un coup du sombrero, sans succès. Il récupéra des ballons, a été très bon défensivement (ce qui est paradoxal pour un attaquant de pointe). Il a montré beaucoup de percussion pour tenter de déstabiliser l'axe central Lucio-Samuel. Il a aussi tenté sa chance au but, mais a manqué grandement de sang-froid devant Julio César, surtout après le caviar de Altintop (46'). On mettra cela sur le compte de sa jeunesse et de son inexpérience.

 

 

Inter Milan : (moyenne de 6,7/10)

 

Julio César - 7 : Impérial dans les airs, impeccable au sol, il a été infranchissable sur sa ligne de but. Il a dégoûté tour à tour Müller, Altintop et Robben, qui n'ont jamais pu trouver la faille, malgré leur tentative cadrée. Très imposant, il est à l'origine du premier but milanais grâce à long dégagement aux apparences anodines. Le seul bémol à lui formuler serait son jeu au pied, qui a alterné le chaud et le froid, le blanc et le noir, RTL et Europe 1, Laurent Blanc et Raymond Domenech, le Laval Maghreb et l'ES Bonchamp. Mais, sur cette finale, il a justifié son statut de Top 3 des meilleurs gardiens du monde.

 

Maicon - 7 : Il est passé par plusieurs étapes durant cette finale. Tout d'abord offensif en début de match, avec de belles combinaisons avec Eto'o et une frappe aux 25 mètres (11'). Puis très malicieux défensivement en défendant à la limite, en outre-passant les règles du football en usant des mains dans la surface pour enlever le ballon de la tête d'un Bavarois, sans que l'arbitre ne bronche. Et aussi propre défensivement, en gênant considérablement Altintop en première période. Il souffra beaucoup plus lors du quart d'heure Altintop. Mais heureusement pour lui, Van Gaal le fit sortir. Une fin de match tranquille et sereine.

 

Lucio - 7 : L'autre défenseur brésilien des Intéristes a aussi tenu son rang comme ses compatriotes coéquipiers. Très imposant physiquement dans les airs, il a laissé peu d'espaces à Müller et Olic. Toujours vigilant et concentré, il a intercepté un nombre incalculables de ballons et réussi quelques interventions autoritaires, mais propres, qui ont permis aux Italiens de maintenir la virginité de leur but. A lui seul, il symbolise la rigueur défensive inculquée par Mourinho. Ce n'est plus le même Lucio qu'avec le Bayern Munich, il s'est grandement amélioré en ayant réduit ses bêtises du passé.

 

Samuel - 6 : Moins tranchant que son compère Lucio en charnière centrale, il s'est moins mis en évidence. Il a semblé plus emprunté dans les efforts, tout en tenant convenablement sa place. Il a fait un match sérieux, sans flamboyance. Dans la tradition mourinhesque.

 

Chivu - 3 : Tel Demichelis côté bavarois, le Roumain des Nerazurri a réalisé un match catastrophique. Il n'y a rien à retirer de positif de sa pâle performance. Il a manqué de vitesse, a commis quelques glissades et usé d'expédients en tout genre pour souffler et faire gagner du temps aux siens, comme cette simulation de crampes à l'italienne. Surtout, il a multiplié les gestes d'anti-jeu, laissant traîner les coudes, les crampons. Pour l'ensemble de son oeuvre, il récolta un carton jaune (29') et a été remplacé par Stankovic (68'), qui assurera le métier le temps qu'il fut sur la pelouse, sans pour autant se mettre en évidence.

 

Zanetti - 7 : Recordman du nombre de matchs joué en Coupe d'Europe, le milieu argentin qui a la trentaine bien tassée a réalisé une nouvelle performance de grande classe. Un sens et une vision du jeu incomparable, un travail de ratissage de ballons impressionant et une défense intelligente sur l'adversaire sans se livrer, il possède la panoplie complète du milieu défensif, malgré son âge avancé. Et pourtant, Maradona ne l'a même pas sélectionné pour la Coupe du Monde, lui préférant des joueurs comme le vétéran Véron...

 

Cambiasso - 7 : Le compère argentin du milieu a aussi éclaboussé ce match de son talent de l'ombre en milieu récupérateur. La passe toujours juste, dans les pieds, que son coéquipier soit à trois mètres ou à 40 mètres. Il possède surtout une technique hors-norme pour un milieu récupérateur comparé à un Mascherano par exemple. Il offre de multiples possibilités et sait se livrer au bon moment pour le collectif. Il sort de la tête de façon incroyable une reprise de volée de Müller, alors que le ballon partait se loger dans la lucarne (63'). Une prestation pleine.

 

Sneijder - 8 : Il aurait pu être l'homme du match, sans toutes ses occasions manquées. Il a beaucoup bougé au milieu de terrain, déstabilisant Van Bommel. Il a ouvert des brêches pour Milito et habilement combiné avec l'Argentin. Tout d'abord acteur sur coup-franc, bien repoussé par Butt (18'), il fut passeur pour Milito sur le premier but (35'). Il a beaucoup distribué, mais a aussi gâché, surtout sur le caviar de Milito où il a le but tout ouvert mais où il trouve le moyen de frapper en plein sur Butt (42'). En seconde période, il s'est de nouveau montré actif en multipliant les appels pour mettre au supplice Demichelis et Van Buyten. Il s'est aussi attaché à la tâche défensive sérieusement pour préserver l'avantage des Italiens.

 

Eto'o - 7 : Il vient de réaliser un deuxième triplé d'affilée avec deux clubs différents. Une performance de grande classe symbolisée par ce match de bon niveau, où il s'est attaché à sa tâche défensive en tant que milieu gauche. Certes, il prend beaucoup moins de plaisir dans le jeu qu'à Barcelone, mais les résultats suivent. Il est même passeur décisif sur le second but où il lance à la limite du hors-jeu Milito. Un match de qualité, digne du niveau du Camerounais. Dommage qu'il ne puisse apporter plus offensivement.

 

Pandev - 6 : Il a commencé par une passe simple... dans les pieds de l'adversaire ! En difficulté, il s'est ressaisi au fur et à mesure du match pour entrer pleinement dans la finale. Il aurait pu tuer le match de façon plus précoce, mais sa frappe sous la barre était sortie majestueusement par Butt (47'). Il a une capacité de protection de balle intéressante et un jeu de corps atypique. Malheureusement, il a aussi usé de gestes d'anti-jeu pas très fair-play et a connu beaucoup de gâchis sur la fin. Une prestation mi-figue mi-raisin. Remplacé par Muntari (79'), qui est aussi entré dans le jeu de l'anti-jeu, par des petits gestes agaçants.

 

Milito - 9 : L'homme de cette finale de la Champion's League 2010 ! Pourtant, son début de match était loin d'inciter à l'optimisme. Invisible, il s'illustra par une glissade assez grotesque dans les premières minutes. Il ne toucha pas une bille, ratant des contrôles simples. Puis il est sorti du buis sur une ouverture millimétrée de Sneijder pour ouvrir le score d'une subtile balle piquée (35'). Libéré par ce but, il illumina ce match de son talent. Il aurait pu être passeur décisif si Sneijder avait su conclure sa passe caviar. Il a montré des qualités de vitesse balle au pied assez déroutante, en emmenant son vis-à-vis où il le désirait. Son coup de rein et ses dribbles ont fait souffrir la charnière bavaroise, surtout Van Buyten, qui a littéralement craqué sur le second but (70'). Une prestation de grande classe digne d'une place de titulaire en équipe d'Argentine et d'une place de titulaire dans mon équipe-type mondiale de la saison qui arrivera prochainement, avant la Coupe du Monde. Substitué par Materazzi (90'+2), qui s'est illustré par son cirque, ses farces et son cinéma. On le changera pas le Marco !

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Publié dans Football

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