Football : Coupe du Monde FIFA 2010 (Groupe B)
L'Argentine à 99,99 % qualifiée
By Fabien CHAUVEL
L'Argentine enchante quand la Corée du Sud déchante
4 - 1
L'Argentine de Diego Maradona a confirmé contre la Corée du Sud les promesses entrevues face au Nigeria. A l'image de Lionel Messi, les joueurs de l'Albiceleste attaquèrent la partie tambour battant. Leur enthousiasme est logiquement récompensé au bout du quart d'heure de jeu quand le malheureux Park Chu-Young, le joueur de Monaco, détourna un coup franc du tibia, et de façon bien involontaire, dans son propre but (1-0, 17'). Malgré la sortie prématurée du tôlier de la défense centrale Walter Samuel, le champion d'Europe en titre avec l'Inter Milan sur blessure, la belle machine argentine ne s'enraya pas. Les attaques sud-américaines se multipliaient jusqu'à ce que Gonzalo Higuain, le franco-argentin, ne trouva la faille une deuxième fois de la tête dans une défense sud-coréenne apathique et un gardien pas exempt de tout reproche (2-0, 33'). L'Albiceleste déroulait son jeu, à coup de une-deux, et des phases offensives en une touche de balle. Spectaculaires, les hommes de El Pibe de Oro régalaient le public et les spécialistes. Di Maria, d'un contrôle de la poitrine, enchaîna la volée de l'extérieur du pied gauche, mais Jung Sung-Ryong s'envola pour sortir le ballon de la lucarne (39'). Puis Messi, très virevoltant une nouvelle fois réalisa un slalom fou. Il élimina pas moins de conq défenseurs dans un petit périmètre avant de tenter une petite balle piquée à l'entrée de la surface. Le gardien asiatique, malgré son envolée, était trop court sur le ballon, mais la tentative du lutin Blaugrana échoua d'un rien au ras du poteau (44'). Les coéquipiers de Javier Mascherano pensaient alors regagner le vestiaire sur ce score confortable et se relâchaient. Lee Chung-Yong en profita pour chipper le ballon à Martin Demichelis, trop attentiste sur ce coup-là, sur une action anodine et aller battre tranquillement Sergio Romero (2-1, 45'+1). Sur leur seule occasion de la première période, les Sud-Coréens reprenaient espoir, alors que les Argentins auraient pu tuer le match auparavant. Au retour des vestiaires, le match s'équilibra. Higuain (52'), puis Tevez (54') avaient l'occasion d'aggraver le score, mais le gardien se rattrapa de son erreur du deuxième but. Mais la situation aurait très bien pu se retourner. Les joueurs asiatiques manquaient même de peu l'égalisation avec Yeom Ki-Hun qui loupa son face-à-face avec Romero après une action d'école en une touche de balle (57'). Les hommes de Jung-Moo Huh n'avaient pas su profiter du coup de faiblesse argentin. Gonzalo Higuain, le Brestois d'origine (j'aimerais bien savoir si la montée du Stade Brestois lui a touché quelque chose...), ne se fit pas prier lui pour mettre son équipe à l'abris après un numéro de Lionel Messi qui trouva le gardien le poteau successivement sur ses deux tenatives avant qu'Higuain, opportuniste, ne poussa le ballon au fond des filets (3-1, 76'). Le Madrilène s'offra même un triplé quatre minutes plus tard en reprenant de la tête un centre de Di Maria (4-1, 80'). Les Argentins sont désormais quasiment assurés de disputer les huitièmes de finale avant leur dernier match contre la Grèce mardi. Et ils ont envoyé un signal fort : ils sont candidats au titre.
Messi, Higuain, Aguero et l'Argentine ont réalisé une véritable démonstration [R. Schmidt]
Argentine - Corée du Sud : 4-1 (2-1)
Arbitre : M. de Bleeckere (Bel)
Affluence : 82 174 spectateurs
Buts : Park Chu-Young (17' csc.), Higuain (33', 76', 80') pour l'Argentine ; Lee Chung-Yong (45'+1) pour la Corée du Sud
Avertissements : Gutierrez (54'), Mascherano (55'), Heinze (74') pour l'Argentine ; Yeom Ki-Hun (9'), Lee Chung-Yong (34') pour la Corée du Sud
Argentine : Romero - Demichelis, Samuel (Burdisso 23'), Heinze - Gutierrez, Maxi Rodriguez, Mascherano (cap.), Di Maria - Messi - Tevez (Agüero 75'), Higuain (Bolatti 82').
Corée du Sud : Jung Sung-Ryong - Oh Beom-Seok, Cho Yong-Hyung, Lee Jung-Soo, Lee Young-Pyo - Ki Sung-Yueng (Kim Nam-Il 46'), Kim Jung-Woo - Lee Chung-Yong, Park Ji-Sung (cap.), Yeom Ki-Hun - Park Chu-Young (Lee Dong-Gook 81').
Homme du match : Higuain (Argentine) : En inscrivant un triplé, le Merengue de Bernabeu est devenu meilleur buteur de la compétition à l'heure actuelle. Pourtant, son entrée en matière contre le Nigéria n'avait pas été des plus fringantes, ayant loupé beaucoup d'occasions. Contre la Corée du Sud, il a marqué sur trois de ses cinq tentatives. Soit plus de 50% de réussite. Certes, ses buts ne vont pas entré dans les annales de la Coupe du Monde. Mais, tel un attaquant de pointe, il est resté à l'affût et a profité du travail de Tevez, Messi et Aguero sur la fin. Autre que ses trois buts, il avait tenté la volée aux six mètres que le gardien sud-coréen repoussa (52'), puis une frappe des 20 mètres dans les bras du gardien (69'). Physique, technique, intelligent, audacieux, avec le sens du but, on a vu le Higuain qu'on aime voir. Une prestation pleine pour un joueur si souvent critiqué.
Boulet du match : Gutierrez (Argentine) : Contre le Nigéria, je l'avais déjà choisi pour ce titre si honorifique de boulet du match. Pour la Corée du Sud, je réédite. Ce joueur a une nouvelle fois montré très vite ses limites au poste d'arrière-droit. Manquant de vivacité, de vitesse, de vision du jeu, de tout en quelque sorte, il a constamment été mis en difficulté lors des rares offensives asiatiques. Lourd, pataud, il a même semblé pathétique par moment. Il a une nouvelle fois récolté un carton jaune, ce qui l'empêchera de disputer le prochain match. Heureusement...
Higuain a réalisé le hat-trick parfait au cours de la rencontre, le propulsant meilleur buteur de la Coupe du Monde [Louis Pélissier]
Les Dieux Grecs étaient présents dans le stade
2 - 1
Dans un match crucial pour rester en lice à la qualification, Grecs et Nigérians savaient pertinemment que tout autre résultat qu'une victoire serait signe d'une élimination prématurée de la compétition. Autant dire que sur leur continent, le Nigéria montra plus de volonté que la Grèce, qui semblait une nouvelle fois dépassée par l'événement. Tellement dépassée, que sur un coup-franc des 35 mètres, Kalu Uche, ancien joueur de Bordeaux et joueur actuel d'Almeria, trouvait le chemin des filets, personne ne touchant le ballon et le gardien Tzorvas n'étant pas exempt de tout reproche (0-1, 16'). On croyait alors les Grecs perdus tout comme contre la Corée du Sud, eux qui n'ont jamais marqué en phase finale de Coupe du Monde. Mais les Dieux Grecs du football en avaient certainement décidé autrement. Sur un ballon sorti en touche, Tziolis veut jouer rapidement mais Kaita le gêne. Le Monégasque eut alors un geste peu intelligent en poussant le Grec et en lui donnant une petite gifle. Jouant parfaitement le jeu, le défenseur s'écroula au sol et l'arbitre expulsa logiquement Kaita (33'). Otto Rehaggel joua alors le tout pour le tout en faisant entrer un attaquant en lieu et place du milieu récupérateur. Coaching payant, puisque les Héllènes allaient faire le forcing et faire craquer petit à petit les Super Eagles. Tout d'abord, juste avant le mi-temps, Salpingidis tenta sa chance des 20 mètres. Sa frappe était déviée par Haruna et prenait à contre-pied le malheureux Enyeama (1-1, 44'). En seconde période, les Grecs réalisait un pressing de tous les diables et faisaient craquer définitivement les Nigérians. Sur une frappe à ras de terre de Karagounis, Enyeama fit une faute de main coupable en relâchant le ballon en pleine surface. Vif, Torosidis qui traînait dans le coin propulsa le ballon dans les filets (2-1, 71'). La seule erreur du gardien de l'Hapoël Tel-Aviv qui côute très cher au final, puisque les Super Eagles ne reviendront jamais au score. Pourtant, avant cette erreur, Enyeama avait multiplié les arrêts et presque écoeuré les fidèles de Nana Mouskouri. Mais, trop souvent lâché par sa défense, il craqua lui aussi et offre ainsi aux Grecs un espoir presque improbable de se qualifier. Surtout, cela représente la première victoire grecque de l'Histoire de la Coupe du Monde. Comme quoi, même critiqué de toute part, Otto Rehaggel continue d'avoir des résultats...
Les Grecs peuvent éxulter : la qualification redevient possible [Panoramic]
Grèce - Nigéria : 2-1 (1-1)
Arbitre : M. Ruiz (Col)
Affluence : 31 593 spectateurs
Buts : Salpingidis (44'), Torosidis (71') pour la Grèce ; Uche (16') pour le Nigéria
Avertissements : Sokratis (15'), Tziolis (59'), Samaras (88') pour la Grèce ; Obasi (89') pour le Nigéria
Expulsion : Kaita (33') pour le Nigéria
Grèce : Tzorvas - Kyrgiakos, Vyntra, Papadopoulos, Torosidis - Sokratis (Samaras 36') - Karagounis, Tziolis, Katsouranis, Salpingidis - Gekas (Ninis 79').
Nigéria : Enyeama - Odiah, Yobo, Shittu, Taiwo (Echiejile 55' (Afolabi (77'))) - Kaita, Etuhu, Haruna, Uche - Odemwingie (Obasi 46'), Yakubu.
Homme du match : Karagounis (Grèce) : Le capitaine a parfaitement montré l'exemple à ses coéquipiers. Volontaire, il n'a pas hésité à prendre les devants et motivé ses collègues. Il a beaucoup tenté de loin en profitant des trajectoires du Jabulani. C'est d'ailleurs lui qui amène le deuxième but victorieux par une frappe lointaine. Une prestation propre et complète, au même titre que la plupart de tous ses coéquipiers qui ont parfaitement géré leur supériorité numérique.
Boulet du match : Kaita (Nigéria) : Son carton rouge fait basculer le match en défaveur de son équipe, alors que celle-ci gèrait parfaitement la rencontre. Son inexpérience (20 ans seulement) est certainement à l'origine de son geste malheureux. Quoiqu'il en soit, si le Nigéria est défait, il en est grandement responsable...
Classement Groupe B :
1- Argentine 6 points (+4)
2- Corée du Sud 3 points (-1)
3- Grèce 3 points (-1)
4- Nigéria 0 point (-1)