Football : Olympique Lyonnais - Stade Rennais (15° journée de L1)
Ce Lyon là ne rugit plus !

1 - 1 
By Fabien CHAUVEL
La 15° journée de L1 se clôturait sous la pluie au stade Gerland, où l'Olympique Lyonnais de Claude Puel accueillait le Stade Rennais de Frédéric Antonetti, absent pour cause de grippe H1N1. Avant le début de la rencontre, une surprise secoua le camp rennais. Nicolas Douchez, le portier rennais, est contraint de déclarer forfait. Cheick N'Diaye, l'habituel numéro 2 des gardiens rennais étant blessé et Petit étant convoqué pour la CFA, c'est le quatrième gardien qui gardera les cages ce soir, à Gerland qui plus est. Abdoulaye Diallo, même pas 18 ans, sera donc titulaire pour la première fois en L1, un mois seulement après son intégration au groupe pro. Côté Lyonnais, on reste sur quatre matchs sans victoire toute compétition confondue, et une défaite en Champion's League à l'Artemio Franchi de Florence contre la Fiorentina (0-1). Les Bordelais ayant gagné en fin d'après-midi (3-0 à Nancy), les Lyonnais se doivent de prendre les trois points pour suivre son adversaire girondin. Mais Rennes est la bête noire des Lyonnais, et cela fait plus de cinq ans que les Rhodaniens n'ont pas battu le Stade Rennais à Gerland.
Le début de match est assez fermé, et les conditions climatiques ne vont pas arranger le développement du jeu. Les Lyonnais se montrent les premiers dangereux sur corner, mais ils ne profitent pas de la sortie loupée du jeune gardien rennais (8'). Sur la première occasion du match, Gyan est lancé en profondeur par le Guinéen Bangoura et ne tremble pas seul face à Lloris. Il trompe le portier international français d'une belle frappe croisée et permet aux Bretons de prendre l'avantage (0-1, 17'). Les Lyonnais n'arrivent pas à poser le jeu et abusent de longs ballons qui ne mènent à rien, tandis que Rennes gère son avantage tout en essayant de profiter des espaces qui pourraient s'offrir à eux. Malheureusement, pour ce match au sommet de la L1, les fautes techniques et imprécisions se multiplient et ont la part belle en ce début de rencontre. A défaut de construire, les Lyonnais tentent de loin. Sur un décalage de Pjanic, Cris tente sa chance des 30 mètres plein axe, mais sa frappe frôle le poteau rennais, Diallo étant en retard sur cette action (27'). On sent que le jeune portier rennais n'est pas serein, et cela se voit sur les actions lyonnaises. Sur un coup franc tiré par Pjanic sur une faute d'Hansson, le Bosniaque enroule au dessus du mur et voit le ballon frôlé le poteau droit de Diallo, qui n'avait esquissé le moindre geste une nouvelle fois (30'). Ce jeune portier noir Rennais fait étrangement pensé au gardien remplaçant de Boulogne-sur-Mer Ibrahim Koné, avec des prises de balle et une attitude qui laisse assez perplexe. Ce qui n'enlève rien à son talent. A la limite du hors-jeu, Pjanic se présente seul face à Diallo, mais le jeune gardien de but repousse la tentative du milieu lyonnais du pied gauche de façon subtile (34'). Sa première intervention décisive qui permet aux Bretons de conserver leur maigre avantage. Les Lyonnais, après un début délicat, tente de passer la vitesse supérieure et de mettre la pression sur la défense rennaise et leur gardien Diallo, sans succès pour autant. Excepté Pjanic, les Lyonnais sont en deçà de leur niveau, notamment Lisandro Lopez, commettant trop d'imperfections et anéantissant leurs rares offensives. Mais les Rennais font de plus en plus de fautes et se montrent plus tendus dans la fin de la première période. Sur un nouveau coup-franc à 25 mètres, Pjanic cède sa place à Lisandro pour le tirer, Lisandro qui a été décevant depuis le début du match. L'Argentin contourne parfaitement le mur et ne laisse aucune chance à Diallo (1-1, 41'). Les Rennais viennent de prendre un coup sur la tête pendant que les Lyonnais retrouvent enfin leur véritable niveau. Au final, ce score de parité à la pause est logique et mérité, les Rennais, qui après avoir ouvert le score, ont laissé venir les Lyonnais qui sont parvenus à égaliser après plusieurs temps forts. Malgré les deux buts marqués, ce match reste d'un niveau faible et inconforme aux deux équipes, qui devront montrer autre chose en seconde période.
Des dernières minutes de folie
La seconde période repartit sur le même scénario que la première période, avec une équipe rennaise bien regroupée et posée, et une équipe lyonnaise bafouillant son football, donnant lieu à une confrontation rythmée mais sans occasions de buts réels. Sous une pluie incessante, les deux équipes se livrent et se donnent coup pour coup, sans pour autant amener un véritable danger sur les buts de Lloris et Diallo. Par un pressing incessant et puissant, les Rennais empêchent les joueurs de Claude Puel de développer des actions de jeu, rendant le match vide d'occasions, presque terne et ennuyeux. Dans cette seconde période, on remarquera que la première frappe et occasion est à mettre à l'actif des Rennais, mais Gyan écrase trop sa tentative pour inquiéter Lloris (75'). Une bien pâle copie de la part des 22 acteurs ! Certes, les puristes apprécieront la qualité du bloc rennais, qui quadrille bien le terrain et remonte bien la balle, en pêchant dans la dernière passe. Mais honnêtement, sur le plan de l'intérêt sportif, l'échelle est tombé à zéro. Le physique ne fait pas tout dans le football, et les Bretons nous le prouvent pour ce match de clôture de la 15° journée de L1. Les hommes de De Zerbi, homme du banc l'histoire d'un soir, n'arrivent pas à rendre productif leur possession de balle, et se contentent de maintenir ce score de parité, qui semblent leur convenir. Quant aux Lyonnais, ils continuent de bafouiller leur football et sont considérablement gênés par les Rennais. Au niveau du jeu, le quadrillage rennais supprime tout les espaces qui pourraient amener le club rhodanien près de la surface de Diallo. Sur coups de pied arrêtés, les Lyonnais sont impuissants face à la puissance physique de la défense bretonne, notamment de la charnière centrale Hansson-Fanni. Seules la fatigue et une erreur pourrait animer la fin de la rencontre. D'ailleurs, sur un retard défensif de Réveillère, Moussa Sow s'échappe seul dans le dos de la défense rhodanienne et sert en retrait Cheyrou qui, seul aux six mètres face à Lloris, perd son duel et permet aux Lyonnais de toujours y croire (82'). Le match devient décousu, et sur un festival de Jirès Kembo Ekoko, celui-ci tente sa chance mais Lloris se couche bien (86'). Les Rennais sont plus incisifs, et sur une nouvelle inspiration de Sow, Cris loupe son dégagement et le ballon revient sur Lemoine qui n'a plus cadré sa frappe pour doubler le score. Mais le Fougerais rate le cadre de façon inexplicable, alors que Lloris était "out" sur cette action (87'). Dans la continuité de l'action, Gomis, d'une frappe puissante, se heurte à une parade extraordinaire de Diallo, qui sauve le Stade Rennais en déviant le ballon sur sa transversale. Le ballon flirte devant le but de Diallo, mais ni Gomis, ni Ederson ne trouve la faille dans la forêt de jambes rennaises. Le match devient du "hourra-football", avec des occasions de part et d'autre. Il aura fallu attendre le dernier quart d'heure pour enfin commencer à s'extasier sur ce match, avec un score toujours de parité entre les deux équipes. Un résultat final qui est somme toute logique à la physionomie de ce match. Un résultat qui n'arrange ni l'une, ni l'autre des deux équipes, Lyon étant décroché par Bordeaux, et Rennes s'enlisant dans le ventre mou. Au classement, l'Olympique Lyonnais se retrouve dauphin des Girondins de Laurent Blanc et le Stade Rennais 10°, et retrouve la première partie de tableau.
Lyon - Rennes : 1-1 (1-1)
Buts : Lisandro Lopez (41') pour Lyon ; Gyan (14') pour Rennes
Avertissements : Delgado (38') pour Lyon ; Hansson (29'), Bocanegra (44'), Lemoine (90'+1) pour Rennes