Football : Stade Laval - Berrichonne Châteauroux (32° journée de L2)
Triste et Moche
0 - 0 
By Fabien CHAUVEL
Comme je le pressentais dans mon pronostic d'avant-match, on ne pouvait guère espérer de spectacle dans ce match de cette 32° journée de Ligue 2. Mais, mes pronostics sont faits pour être démentis par les acteurs du soir sur le terrain. Malheureusement, et une nouvelle fois, ma perspicacité footballistique (non, je n'ai pas les chevilles qui enflent pour ceux qui le penseraient) a encore parlé. Avec une équipe qui a la tête déjà à la saison prochaine et une autre dont on comprend pourquoi elle est relégable, le spectacle aura vite été aux abonnés absents, comme de nombreux fidèles spectateurs du Stade Lavallois.
Sur une pelouse de LeBasser qui se refait une santé avec le printemps et le beau temps actuel, les Mayennais avaient l'occasion de produire leur jeu fluide et rapide à terre pour déstabiliser une défense castelroussine aux apparences assez lourdes. Malheureusement, quand vous avez un Romain Hamouma en moins bonne forme et Steve Haguy aussi égal qu'à lui-même, il était difficile pour les Tangos d'étirer le rideu défensif proposé par Jean-Pierre Papin, le coach de La Berrichonne, et bien appliqué par ses joueurs. Les Mayennais s'en remettaient donc à de longues balles vers Genest, qui est loin de ressembler à Fabrice Do Marcolino. Le pauvre Ludovic n'a en effet gagné aucun duel aérien face aux mastodontes de la charnière centrale adverse, Brégerie et Cordonnier. "On a joué comme si nous avions deux géants devant, avec de longs ballons", pestait d'ailleurs Philippe Hinschberger. Il faut aussi se rendre compte que pendant la première demi-heure de jeu, les quelques courageux spectateurs de LeBasser qui avaient fait le déplacement, n'avaient eu à se mettre sous la dent aucune occasion de but. Aucune ! En 30 minutes ! Cela frôle la faute professionnelle. Il aura fallu attendre un éclair de Stinat, exceptionnellement à gauche en raison des nombreuses absences, pour enfin inquiéter un gardien de but. Le latéral repiquait dans l'axe et tentait sa chance aux 35 mètres, mais Deneuve claquait le ballon en corner (33'). Mais cette frappe n'était qu'un éclair éphémère, puisque étant la seule occasion de cette première période. Le dernier quart d'heure repartit sur les même bases que la première demi-heure. Autant vous dire que la minute d'arrêt de jeu ne fut même pas respectée, les deux équipes rentrant aux vestiaires aussi rapidement que possible. Une première mi-temps véritablement soporifique, dans une ambiance de match amical. Peu de spectateurs, un plein soleil, l'odeur de la saucisse grillée... Comme je le disais avec quelques habitués de LeBasser, on se serait cru soit à Laval-Arles en juillet en Coupe de la Ligue ("mais on avait vu des buts et on avait gagné" dixit un supporter), soit au tournoi communal du petit bled de Mayenne, dans le genre "Football-Mechoui-Bière". Dans tous les cas, cette première mi-temps n'a jamais ressemblé à un match de Ligue 2. Une faute professionnelle vous disais-je. Et un certain manque de respect envers les spectateurs et supporters aussi... Pour vous dire, le seul acte marquant de la première période, qui a eu le mérite de soulever des applaudissements de la part du public, c'est un plat du pied de JPP. C'est dire...
Une douzaine de supporters castelroussins avaient fait le déplacement [Fabien Chauvel]
Lindsay Rose de mille pétales
Tout le monde espérait une seconde mi-temps plus animée et moins soporifique. Mais comme dirait l'autre, "arrête de croire au Père Noël !". Le seul changement notable de cette seconde période est... la tenue d'Arnaud Balijon. De tout de rose vêtue, il s'était changé pour vêtir sa tunique stéphanoise, noire et verte. Un changement curieux et une drôle de fantaisie... Sinon, concernant le jeu sur le terrain, autant dire qu'il fut aussi présent qu'en première période. Quelques occasions de buts en plus... Sur la première véritable action collective menée par les Lavallois, Genest déviait la balle vers Hamouma qui s'emmenait le ballon à l'entrée de la surface. Mais sa tentative extérieur du pied droit lorgnait avec la lucarne de Deneuve (55'). La deuxième occasion mayennaise (et du match!) en 55 très longues minutes... Dans la foulée, Cordonnier tentait sa chance aux 30 mètres plein axe, mais Balijon s'envolait et repoussait des poings la frappe surpuissante du défenseur central castelroussin (57'). Sur la continuité de l'action, le ballon parvenait à Gonçalves sur le côté droit, qui se jouait du défenseur Cérielo pour centrer. Le ballon arrivait sur Genest, mais sa tête était trop écrasée pour inquiéter un Deneuve serein (59'). En cinq minutes, l'on venait de voir trois fois plus d'occasions que pendant les 55 précédentes. Il suffit de vouloir pour pouvoir... Les Tangos se portaient plus vers l'avant, soutenu par un public très exigeant. Mais à vouloir toujours chercher l'avant et la profondeur, ils se faisaient quelques frayeurs en contres. Sur l'un d'eux, Lahaye, côté droit, centrait parfaitement pour Buengo qui ajustait sa tête. Mais le ballon passait à côté des cages d'Arnaud Balijon, visiblement battu (65'). En guise de réplique, avec les entrées de Raddas et Le Pen, les Mayennais tentaient de provoquer la défense et osaient les frappes de loin. "LuLu" Le Pen obtenait un corner d'ailleurs sur une frappe aux 18 mètres. Le ballon était mal dégagé par la défense dans la surface, mais personne ne put pousser ce maudit ballon dans les cages de Deneuve, à terre. Le ballon, après moults tentatives, revenait alors à l'angle de la surface vers Talmont qui osait la volée. Mais le ballon sortait... en touche (75'). Une grosse pression des locaux, mais trop brouillonne et désorganisée pour espérer un semblant de quelquechose. Les dix dernières minutes voyaient une ruée des Orange et Noir vers les buts de Deneuve, laissant libre court aux attaquants indriens. Sur sa seule erreur du match, Lindsay Rose laissait échapper Camaldine Abraw. Mais sa tentative était repoussée de justesse du pied gauche par Arnaud Balijon (78'). La dernière occasion fut lavalloise, mais Chapuis voyait sa tête sauvée sur sa ligne par Brégerie, l'ancien Bordelais (81'). Les dix dernières minutes furent une succession de contrôles ratées et offensives mal négociées. Malgré une ultime tentative des hommes de Papin, sans succès (90'), le score resta nul et vierge. Une nouvelle contre-performance et un nouveau match nul qui anéantit encore un peu plus les très très maigres espoirs de podium.
La mauvaise nouvelle pour les supporters mayennais, c'est de voir qu'une équipe comme Metz, encore et toujours fragile troisième, a été contraint au nul par Sedan à Saint-Symphorien. Une nouvelle fois, les Lavallois loupent l'occasion de revenir au plus près du podium, à la différence d'Arles-Avignon, qui par sa victoire au Havre, avec deux buts aux 89' et 90' est tout simplement revenu égalité avec Metz. Avec Brest quasiment assuré de l'Elite, et Caen, on pourrait avoir un sacré trio de promus en Ligue 1 la saison prochaine. Et il n'aura pas fallu grand chose pour que le Stade Laval y fasse parti. Un peu plus de concentration, de motivation et... des attaquants ! Comme le synthétise parfaitement Arnaud Balijon, " ce devait être soporifique comme match... On n'a pas mis l'allant, l'engagement nécessaires. On a l'impression qu'on est en roue libre, alors qu'on pouvait revenir à trois points du 3e." [NDLR : quatre points pour être exact]
[Y a comme un trou...]
Stade Laval - Châteauroux : 0-0 (0-0)
Arbitre : M. Schneider
Affluence officielle : 5594 (3000 à 4000 officieusement)
Avertissements : Neumann (56'), Chapuis (90'+2) pour Laval ; Thiago (14') pour Châteauroux
Laval : Balijon - Rose, Chapuis, Talmont, Stinat - Hamouma (Lamatina 77'), Gonçalves, Neumann, Haguy - Lebouc (Le Pen 62'), Genest (Raddas 62').
Châteauroux : Deneuve - Koné, Brégerie, Cordonnier, Cérielo - Lahaye, Thiago, Haddad (Maboulou 73'), Baby (Abraw 60') - Dembélé (Lasne 83'), Buengo.
Défensivement, les Tangos auront su contenir les vélléités offensives indriennes [Fabien Chauvel]