Football : Stade Lavallois - US Granville (7° tour de Coupe de France)
Si j'aurais su, j'aurais pas venu...
2 - 1
By Fabien CHAUVEL
Pourquoi nous affliger un tel spectacle ? Tel est la question que je me suis longtemps posé pendant le match et que je me pose encore et toujours. Certes il faisait pas très chaud ce samedi soir. Certes l'équipe était remaniée et manquait d'automatismes. Certes l'adversaire en face, sans lui faire injure, ne forçait pas à motiver une équipe lavalloise. Mais cela n'explique pas tout, et semble même inquiétant avant le retour du championnat.
Totalement amorphes, les Tangos auraient pu se faire surprendre dès les premières minutes avec cette frappe de Géraux que Pichot détourne miraculeusement de ses buts en un exploit de parade (3'). L'affaire semblait bien mal embarqué, avec des erreurs de débutants dans les contrôles assez hallucinants. De Coué à Lamatina, en passant même par Levrat, les joueurs de Philippe Hinschberger semblaient être restés chez eux, devant leur télévision à regarder Les Histoires Extraordinaires de Rousseau et Legros. Talmont tentait bien de sonner la charge, mais sa frappe lorgnait du mauvais côté le poteau gauche de Dodard, qui semblait bien battu (10'). Mais les Granvillais, courageux, décidaient de jouer leur carte à fond, profitant de leurs bonnes statistiques à l'extérieur. Marchand, après avoir laissé sur place Chapuis, inquiétait Pichot qui captait parfaitement le cuir (13'). Tel François Baroin, nouveau porte-parole du gouvernement, Laval ronronnait comme un gros chat bien dodu au coin du feu en train de se trélasser un soir de Noël pendant que les gamins s'extasiaient devant leurs cadeaux apportés par le Père Noël inexistant (quoi, vous l'saviez pas ? Désolé...). Le réveil survint lorsque Jérôme, le capitaine normand, venait inconsciemment percuté Pichot dans les airs, qui restait chaos (24'). Le même mauvais geste réalisé sur Hautbois, le gardien de la réserve du club, lors de la confrontation entre les deux clubs en CFA2. Laval se procurait alors la meilleure occasion de la rencontre avec Makiese. L'ancien attaquant de Zulte-Waregem, bien lancé dans la surface après une bonne combinaison avec Genest, trouvait le poteau dans un angle fermé (31'). Puis Talmont, décidément très (trop) offensif, plaçait sa tête sur corner. Mais le ballon fuyait inéluctablement le but de Dodard, une nouvelle fois bien loin de la trajectoire du ballon (38'). Les hommes de Duboscq, bien regroupé derrière, quadrillait parfaitement le terrain et bloquait sans trop de souci les maugres vélléités offensives mayennaises. Alors que l'on entamait les arrêts de jeu de la première période, Genest adressait un centre anodin au point de penalty. Makiese était trop court, mais Dodard, le natif de Fougerolles-du-Plessis, se trouait dans sa sortie et laissait filer le ballon vers Lamatina, qui tranquillement du plat du pied poussait le cuir dans les filets désertés (1-0, 45'). Un but qui venait comme un cadeau du ciel, tellement les Lavallois peinaient à produire quelconque animation offensive. Un avantage qui était loin d'être logique, les Manchots faisant jeu égal avec les "professionnels" lavallois. Pourtant, Philippe Hinschberger avoue avoir vu "une bonne première mi-temps. Les joueurs ont eu un bon comportement, même s'ils ont oublié de prendre au maximum les largeurs pour plus étirer Granville qui défendait très bas." En même temps, en tant que CFA2, ils allaient pas attaquer tout azimut non plus... Sans blague !
Un désert footballistique et une Vuvuzela Symphony
La seconde mi-temps fut alors un très long purgatoire. Granville ne voulait pas se livrer trop tôt pour éviter de se prendre un deuxième but prématurément. Un retard qui s'avérerait alors insurmontable. Les Normands laissaient alors seul devant les pauvres Géraux et Marchand, avec Jégu en soutien. Trop peu pour inquiéter de toujours aussi amorphes lavallois, qui s'appuyaient sur leur maigre avantage, en ne se procurant peu (pas) d'occasion. Chapuis, sur un corner bien tiré par Créhin, voyait sa tête captée par Dodard, bien placé sur sa ligne (60'). Laval affichait un visage nonchalent, comme détaché du match, tandis que Granville se fatiguait à jouer sans ballon et à hésiter à jouer l'attaque ou pas. Dans cette période moins bien gérée par Granville, les Orange et Noir en profitaient pour ajouter un deuxième but. Mendy, tout juste rentré en jeu, centrait vers Genest qui loupait immanquablement le ballon, seul dans les six mètres. Le ballon revenait toutefois sur Lamatina qui centrait en retrait vers Makiese, qui coupait parfaitement la trajectoire du ballon (2-0, 71'). On croyait l'affaire pliée, avec peut-être un troisième but pour corser l'addition et masquer cette performance indigne d'un club de Ligue 2. Mais non. Granville n'abandonna pas le combat, comme le Mézange peut abandonner son petit de un an et la maman pour un perroquet sans plume, déjà avec un hibou au crâne dégarni. La nature peut être moche et cruelle... Laval était encore plus à l'arrêt qu'en première mi-temps. Sur une percée dans la surface de réparation, le ballon venait heurter la main de Losilla, collée au corps. Mais l'arbitre jugea utile de siffler pénalty pour les visiteurs. Jégu, le Lavallois d'origine, redonnait espoir à ses coéquipiers en prenant à contre-pied Pichot (1-2, 78'). Piqués au vif, les Tangos réagissaient par Losilla, dont la frappe était repoussée par l'équerre des buts de Dodard, une nouvelle et dernière fois hors-sujet (79'). La fin de match fut alors crispante pour les quelques 1500 supporters présents au Stade Francis LeBasser. Le kop granvillais, armé de vuvuzela, résonnait de plus en plus fort pour porter les leurs vers un deuxième but, synonyme de qualification. Coutant (81'), puis Grougi (90'+3) voyaient Pichot s'interposer ou le ballon fuir le but à travers une forêt de jambes. Sans oublier les deux grossières erreurs lavalloises, qui profitaient à Diallo pour filer seul au but. Heureusement pour les Stadistes, Pichot sortait à propos et évitait le pire (88'). Makiese, aussi dans les ultimes minutes, aurait du bénéficier d'un pénalty après un croche-pied de Denis (89'). Mais l'essentiel était ailleur : la qualification était là. Une qualification que ne goûtera pas Changé, éliminé par Bayeux (DH), 1-2. Un billet pour le second tour que savoure les Lavallois. Et c'est Chris Makiese qui conclut le mieux cette soirée, avec en prime son but : "Ca fait du bien !"
Laval - Granville : 2-1 (1-0)
Arbitre : M. Delpech
Affluence : 1500 spectateurs
Buts : Lamatina (45'), Makiese (71') pour Laval ; Jégu (78', sp.) pour Granville
Avertissements : Losilla (70'), Makiese (85') pour Laval ; Jérôme (24'), Chevreau (51') pour Granville
Laval : Pichot - Belaud, Chapuis (cap), Talmont, Coué - Créhin (Mendy 64'), Losilla (Puig 89'), Levrat, Lamatina - Genest, Makiese.
Granville : Dodard - Denis, Grougi, Chevreau, Jérôme (cap.) - Jean (Vaugrante 56'), Restout (Benharrat 83'), Coutant, Jégu - Marchand (Diallo 70'), Géraux.
Vincent Créhin n'a pas su trouver l'ouverture... et guère convaincu son entraîneur. [Fabien Chauvel]