Autres : Hommage à Thierry Gilardi
Déjà 2 ans de vide !
By Fabien CHAUVEL
Ce jour du 25 mars 2008 restera comme un jour tragique pour le monde entier du football français. Ce soir-là, l'équipe de France A' affronte le Mali à Charlety et s'impose 3 à 2. Mais l'intérêt n'est pas là, le coeur n'y est pas. Dès la mi-temps de ce match, on aperçoit Tonton Raymond faire les 100 pas à l'entrée du couloir des vestiaires. Ce qui est une rumeur à ce moment là se développe avant de devenir réalité : Thierry Gilardi est bel et bien décédé d'une crise cardiaque l'année de ses 50 ans.
Thierry s'est toujours intéressé à beaucoup de sports, en témoigne son premier journal l'Equipe qu'il lut à l'âge de 6 ans. Mais le futur journaliste avait un penchant pour le rugby en particulier. Sorti de Sciences-Po, le jeune diplômé entre à France Inter, avant d'intégrer Canal +, où il se fit remarquer aux yeux du grand public. Alors que Thierry est devenu un journaliste incontournable dans le monde du football, sa carrière va prendre du grade en 2004 en rejoignant TF1 et surtout l'équipe de France. Il se verra aussi attribuer la grand messe de tous les amateurs de football du dimanche matin, Téléfoot. Bien que pris par le football, Gilardi garde tous de même sa passion pour le rugby en étant vice-président du club parisien, le Stade Français de son ami Max Guazzini. Notre dernier souvenir de lui, c'est bien évidemment la Coupe du Monde 2006. Avec le retour de Zidane, Thierry a fait vivre cette Coupe du Monde à tous les Français et nous a fait rêver, vibrer et pleurer, le tout en un mois. Même moi qui n'aime pas l'équipe de France, je me suis mis à jouer le jeu pour l'équipe de France. Il avait alors réussi ce que personne n'aurait pu faire : me faire aimer l'équipe de France. Son enthousiasme et la vivacité de ses commentaires nous ont permis de voir la Coupe du Monde sous un autre regard. On peut notamment se rappeler du commentaire du premier but de Franck Ribery en équipe de France face à l'Espagne: "Vieira, Vieira, oui pour Ribéry qui va arriver devant Casillas. Vas-y mon petit ... Il est dedans, il est dedans, le premier but de Ribéry avec l'équipe de France et les Bleus qui égalisent à un but partout, il est génial le môme". Ou encore le penalty de Zidane en demi finale face au Portugal "Vas-y mon Zizou, c'est dedans". Mais cette Coupe du Monde en Allemagne ne serait rien sans le coup de boule de Zidane sur Materazzi. D'ailleurs, avec énormément de déception dans sa voix, Thierry avait eu ses mots que nous n'oublierons jamais : "Zinédine, pas ça, oh non, pas ça, pas aujourd'hui, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait". Rien que d'y repenser, une larme s'écoule sur ma joue. Que d'émotions qui remontent à la surface...
Toujours présent dans nos coeurs
Lui qui s'apprêtait à commenter un match amical France - Angleterre au Stade de France le lendemain de son décès, avait une énorme passion pour le rugby. Quand on sait que la prochaine Coupe du Monde de football se déroule en Afrique du Sud, on se dit qu'il nous a quitté trop tôt et qu'il devait être présent avec nous en juin et juillet 2010. Cette Coupe du Monde mêlerait alors le football de la compétition, mais aussi la passion du rugby du pays. Les deux sports de son coeur sur un même et seul lieu : une terre paradisiaque.
Maintenant, comme il est commun de le dire, il parait que le plus dur est pour ceux qui restent. C'est une chose que l'on ne saura sans doute jamais, mais qui trotte dans nos têtes. Après, chacun a sa capacité propre à traverser les épreuves difficiles de la vie. Moi-même j'ai vécu des événements douloureux dans ma vie, avec la perte de mes grands-parents qui me laissent, encore aujourd'hui, une trace indélibile. Il peut même m'arriver de pleurer encore aujourd'hui. A ma manière, ce soir, j’essaie de te rendre hommage en espérant que tu puisses me lire et me recevoir là-haut. Ce soir là, ce terrible soir, Michel Denisot craqua et ne put aller au terme de son lancement du Grand Journal. Charles Biétry prend alors le relais, il semble touché lui aussi.
Au final, ce que l'on retiendra de lui, c'est surtout sa voix rocailleuse et son analyse toujours fine et précise. Il savait guider le téléspectateur le plus inculte de football. Il avait cette science de vous apprendre le football et le rugby en un match de football. Sa science du sport n'avait d'égal que le talent actuel de Messi. Thierry Gilardi était notre Messi(e) des événements sportifs. Il savait faire vivre un France - Brésil, un Manchester United - FC Barcelone, tout comme un Saint-Berthevin - Le Mans 3. Il vivait pour le football et se surmenait pour le football. Le sport, c'était sa vie. Il ne comptait pas ses horaires et se donnait corps et âme pour son métier. Tout comme moi presque, sans pour autant me comparer à ce monstre de la profession.
Pour conclure...
Thierry, on t'aime toujours !
Et enfin terminer...
Chapeau l'artiste, Monsieur Thierry Gilardi !
J'en verse quelques larmes... Et en souvenir, je vous propose une vidéo hommage de ce grand homme. Elle en dira beaucoup plus que mon discours.
(A défaut de trouver mieux pour l'instant...)