Football : Stade Laval - FC Nantes (30° journée de L2)
Quel gâchis !
0 - 1 
By Fabien CHAUVEL
La salade s'annonçait belle pour le Stade Lavallois face au voisin nantais. En effet, ce match offrait l'affiche des Pays de la Loire entre un club promu ambitieux et joueur, et un pilier de l'Elite en difficulté en Ligue 2, avec de nombreuses tensions internes. Mais comme le prévenait Philippe Hinschberger, l'entraîneur lavallois, avant la rencontre, il faut se méfier de l'énorme potentiel du FC Nantes. "Même si la bête est blessée, cela ne signifie pas qu'elle est morte. Elle peut encore attaquer, et il nous faudra rester vigilant." Comme un méchant présage de cette rencontre...
Sur une pelouse de LeBasser qui se détériore de plus en plus au fil du temps, les Tangos allaient rapidement mettre le pied sur le ballon, sans pour autant se montrer réellement en danger. En face, les Nantais jouaient à 9 derrière et 2 devant, Darcheville et Bekamenga devant s'occuper du sale boulot seul en attaque. D'ailleurs, il faudra attendre un bon quart d'heure avant de voir la première occasion de but du match. Et elle fut mayennaise. Sur une longue touche de Buzaré, Genest reprenait le ballon de volée, mais le ballon filait en six mètres, sans soucis pour le portier Kamenar (15'). Entre temps, les plus de 10 000 spectateurs de LeBasser ont pu assister à une massacrade de football. Dans ces 15 premières minutes, Hamouma a subi deux attentats, tandis que Levrat s'était fait lâchement séché par Darbion. Au final, un seul et unique carton jaune pour un tacle de Vainqueur (9'). Le début de match fut aussi marqué par une bagarre générale dans le rond central pour cette faute du Nantais Darbion sur Levrat. L'arbitre, dépassé par les évenements, ne sanctionna aucun des acteurs. Une bien belle curieuse décision pour un arbitre qui traversa le match de façon assez fébrile. Pas déstabilisé et très entreprenant, les Lavallois continuaient d'attaquer. Sur un bon travail d'Haguy sur le côté gauche, préféré, on ne sait pourquoi, à Lamatina, le ballon revenait plein axe aux 20 mètres sur Levrat qui osa la frappe. Mais le ballon lorgna avec la lucarne d'un Kamenar battu (18'). Après une énième faute nantaise, le coup-franc était rapidement joué. Sur le côté droit, Genest se jouait de son défenseur et centrait au seconde poteau. Haguy reprenait alors le ballon mais le défenseur haïtien Jean-Jacques Pierre contrait la frappe pour la dévier en corner (22'). Malgré son manque de vivacité et de technique, Haguy parvenait à repiquer dans l'axe et à se mettre en position de frappe. Mais sa tentative valait uniquement trois points au rugby (24'). Comme dirait un certain Christian Jeanpierre, "au-dessus, entre les poteaux ? Mais il s'est trompé de sport !". Je suis pas loin de penser la même chose que lui... Alors qu'Hamouma était déséquilibré aux abords de la surface sans que l'arbitre, dans son incompétence générale, ne réagisse, les Nantais allaient apporter le coup de massu fatal aux hommes de Philippe Hinschberger. Sur une erreur de Buzaré, le ballon sortait en corner. Joué en deux temps, Darbion trouvait Bekamenga qui trompait Balijon d'une tête imparable dans le petit filet opposé (0-1, 35'). Un but totalement contre le cours du jeu qui va alors bloquer la rencontre. Qui plus est, le buteur eu l'intelligence d'aller chambrer les supporters lavallois au bord du terrain. "Quand on est con, on est con..." disait la chanson. Malgré une belle tentative de Genest à l'entrée de la surface dans les gants de Kamenar (36'), le score au tableau d'affichage ne bougea pas. Par contre, ce match ne sera pas le match le plus fair-play de Ligue 2. Sur une très méchante intervention de Darcheville sur le pauvre Hamouma, l'arbitre de la soirée, M. Rémy, avertissait l'ancien Bordelais par un carton jaune (45'+1). Mais, Ô stupéfaction ! L'arbitre sortit alors un carton rouge envers le même Darcheville à la vue de la blessure de Hamouma (45'+3). D'ailleurs, Hinschberger dira à propos des assassinats sur Hamouma que "l’arbitre a de son côté loupé son début de match, en étant beaucoup trop gentil avec les Nantais qui commettaient faute sur faute sur Hamouma." Et à mon avis, Jean-Claude paye pour l'ensemble de l'oeuvre collective des Nantais sur Hamouma. Mais eu lieu de quitter le terrain sans histoire, voilà que tous les marsupiaux de Nantes se ruent sur l'arbitre pour l'agresser. Comble de la connerie, N'Diaye, de colère, expédie le ballon dans la tribune Crédit Mutuel, ce qui a eu le don de provoquer une seconde bagarre générale sur le terrain. Une attitude bien pathétique des joueurs Nantais... Evidemment, inutile de rappeler que l'arbitre était une nouvelle fois hors du coup, puisque N'Diaye ne récoltera même pas un avertissement verbal, M. Rémy étant trop pressé de rentrer aux vestiaires.
Malgré la présence de supporters nantais en tribune Crédit Mutuel, la tribune Visiteurs n'était pas pleine...
[Fabien Chauvel]
Adieu la Ligue 1... et Hamouma
La seconde période fut beaucoup plus ennuyante et beaucoup moins intéressante. Les Lavallois cherchaient à égaliser au plus vite, pour pouvoir remporter le match en profitant de leur supériorité numérique. Dès les premières minutes, Hamouma voyait sa tête smatchée passée à côté du cadre (47'). Et c'est alors qu'est survenu l'action du match. Sur un bon centre de Coué côté gauche, le ballon est mal dégagé par la défense nantaise. Le ballon revient sur Ludovic Genest, seul au point de pénalty. Mais de façon incompréhensible, il rate totalement sa volée qui passe à des années lumière du but de Kamenar, alors que le but était grand ouvert (51'). C'était le tournant de la parti, puisque les Tangos avaient l'occasion en or d'égaliser très vite et de prendre un ascendant psychologique sur les Nantais. "Si Genest marque en début de 2° période, cela change sans doute tout. Il nous a manqué le talent qu’on a eu parfois", comment Hinschberger. Mais avec des "si", on mettrait Paris en bouteille me direz-vous. Puis, en soit, Genest n'est pas connu pour marquer des buts. Certes, les deux seuls qu'il a marqué sont très jolis. Mais comparés à tous ses loupés, il est difficile de lui pardonner à l'ancien auxerrois... Dans la foulée, Buzaré combinait bien avec Hamouma, mais le latéral droit lavallois est irrégulièrement stoppé dans la surface de réparation par Djilobodji, mais l'arbitre ne broncha toujours pas (52')... Alors qu'Hamouma était une nouvelle fois séché par derrière par Jarjat, qui ne récoltait qu'un misérable carton jaune, Hinschberger décidait d'envoyer toutes ses cartouches offensives en faisant rentrer successivement Raddas, Lamatina et Ulrich Le Pen, pour son grand retour. Pour son premier ballon, Lamatina enroulait sa frappe à l'angle de la surface de réparation. Mais en deux temps, Kamenar sortait le ballon de lucarne (71'). En face, les joueurs de Baptiste Gentili se contentaient de dégager le ballon à la va-comme-j'te-pousse-si-ça-dégage-pas-ça-débarrasse, avec devant, le seul misérable Bekamenga, à la fois aussi bon qu'un acteur de Plus Belle La Vie et mauvaise pleureuse d'une bien mauvaise série allemande. Laval, tout comme contre Nîmes, était déstabilisé et s'usait contre une bloc bien compact. Le physique n'étant plus là, les Nantais géraient leur court avantage tandis que les Lavallois disaient adieu à la victoire, au podium, à la Ligue 1 et à Romain Hamouma.
Ce constat peut surprendre, mais semble couler de source. En effet, la seule possibilité de voir Romain rester chez les Tangos était que le club de la Mayenne monte au niveau supérieur. Mais avec cette victoire, les Lavallois sont relégués à 6 points de la dernière place accessite en Ligue 1 de Metz. Certes, cela ne représente que deux victoires. Mais est-ce que Laval est en mesure actuellement d'aller chercher plus haut ? Hamouma a changé dans son jeu, il ne va plus au front, au contact comme auparavant. Certainement la peur de la blessure avant un très éventuel transfert au mercato d'hiver... Concernant la prestation pure contre Nantes, l'entraineur lavallois a eu ses mots très justes : "On a manqué de justesse, on a été catastrophique sur nos coups de pieds arrêtés et nous prenons un but ainsi. Nous avons pourtant fait une bonne première mi-temps, et joué ensuite au hand quand Nantes s’est retrouvé à 10. On a poussé, fait ce qu’on pouvait." Sans que cela soit suffisant, malheureusement pour les Tangos... Désormais, voilà le club de Philippe Jan 7° de Ligue 2, ce qui reste honorable pour un promu, mais une place qui peut laisser des regrets au vue des quelques scénarios de match et de la capacité du groupe. Maintenant, voilà que se profile deux matchs contre deux adversaires de bas de tableau. Tout d'abord Guingamp, que les Stadistes avaient écrasé à domicile, à LeBasser (3-0), et Chateauroux, avec Kévin Constant qui nous avait crucifié à la dernière seconde (1-2). Les six points sont obligatoires pour maintenir cet infime espoir qui se perd en moi...
Les presque 10 500 spectateurs ne seront que déçus du spectacle proposé... [Fabien Chauvel]
Stade Laval - Nantes : 0-1 (0-1)
Arbitre : M. Rémy
Affluence : 10 448
But : Bekamenga (35') pour Nantes
Avertissements : Levrat (29'), Buzaré (55'), Coué (63') pour Laval ; Vainqueur (9'), Darcheville (45'+1), Jarjat (58'), Zerka (61'), Lejeune (85') pour Nantes.
Expulsion : Darcheville (45'+3) pour Nantes
Laval : Balijon - Buzaré, Chapuis, Talmont, Coué - Hamouma, Neumann, Levrat (Le Pen 73'), Haguy (Lamatina 69') - Genest, Jacuzzi (Raddas 64').
Nantes : Kamenar - Tall, Pierre, Djilobodji, Jarjat - Abdoun (Zerka 54'), Darbion, Vainqueur, N'Diaye (Lejeune 54') - Darcheville, Bekamenga (Camara 80').
Haguy, très décevant, et Coué, peuvent se sentir frustré de ce résultat [Fabien Chauvel]