Football : Coupe du Monde FIFA 2010 (Groupe E)

Publié le par Neibaf Levuahc

 

Pour voir du football, on repassera...

 

 

 

 

By Fabien CHAUVEL

 

 

Plus on avançait dans la Coupe du Monde, plus on avait l'impression que le niveau commençait à monter, notamment avec l'Allemagne de dimanche soir. Malheureusement, ce ne fut qu'une éclaircie dans un ciel footballistisque qui s'est assombri, tel notre temps piteux que nous connaissons en Bretagne. Les deux matchs de ce Groupe E ont été une véritable bouillie de football infâme. Que ce soient pour les footix ou les puristes, nul doute que la notion de plaisir étaitn loin. Entre des Pays-Bas ultra-décevants, préférant joueur sur les individualités que sur le collectif et un Cameroun mal entré dans la compétition, on s'est vite ennuyé en ce lundi après-midi. Mais cela, les Japonais n'y prêteront pas attention au terme d'un match épique. Le suspens était là, à défaut du football... Retour sur ces deux matchs du Groupe B avec un résumé accompagné de la fiche technique, de l'homme du match et du traditionnel "boulet" du match que j'affectionne tant.

 

 

La défense danois tel le Père Noël avant l'heure 

 

 

                               2   -   0     

 

 

Après une série de matchs amicaux très convaincants, les Hollandais entraient enfin dans la compétition. Malgré l'absence de Robben, beaucoup d'attentes étaient portées sur les Oranjes. Malheureusement pour eux, la première mi-temps n'étaient guère en leur faveur. Bousculés par des Danois compacts, présents et solides à la fois au milieu, les hommes de Van Marjwik ne parvenaient pas à se procurer de réelles occasions de but en première période. Pour preuve, la seule frappe cadrée des Néerlandais est celle de Kuyt, captée en deux temps par le portier danois (9'). Sinon, Van der Vaart (19', 21') ou Van Persie (42') se sont essayés, mais sans réussite. Non pas qu'ils ont eu des problèmes, mais ils ont été incapables de cadrer leurs frappes. Trop peu pour inquiéter la troupe à Olsen. Pis encore. Les Danois vont en effet se procurer les meilleures occasions de la première période, avec notamment Bendtner, annoncé forfait à quelques heures du coup d'envoi par le sélectionneur danois, mais finalement bien présent. L'attaquant d'Arsenal, bien servi sur la droite par Rommedahl, voyait sa tête raser le poteau droit d'un Stekelenburg visiblement battu (27'). Par la suite, le même Rommedahl (34') et l'ancien auxerrois Kahlenberg (37') tentèrent aussi leur chance, mais le gardien Oranje restait vigilant et était à la parade. Alors que les Néerlandais n'avaient cadré qu'une fois sur quatre tentatives, les Danois ont réalisé l'inverse, avec 75 % de leurs tentatives cadrées. Un chiffre qui révèle la difficulté rencontrée par les Pays-Bas à bousculer le Danemark, qui jouait crânement sa chance. Malheureusement pour les Scandinaves, le début de la seconde période allait leur être fatal. Sur un centre aux apparences anodines, le pauvre latéral gauche danois, S. Poulsen, ratait son dégagement de la tête et propulsa le ballon... dans ses propres buts (1-0, 46'). Ce but sonna alors le glas de l'équipe danoise, qui ne se releva jamais de ce terrible coup du sort. Seul Agger tenta de réagir, mais sa frappe des 40 mètres n'inquiéta pas Stekelenburg (68'). Pour le reste, sans être flamboyant, les Hollandais géraient petitement leur avantage face à des Danois résignés. Même avec ce but d'avance, la sélection batave ne se libéra pas dans le jeu, attendant la fin du match sur ce but d'écart. Il fut flagrant que le collectif n'existe pas dans cette sélection, et si des individualités de la sorte comme Sneijder, Kuyt ou Van Persie, ne mettent pas leur ego de côté et oublient le collectif, les Oranjes ne gagneront pas la Coupe du Monde. Une fois encore. A force d'être encensé par les médias et spécialistes du milieu, ils ont légèrement pris le melon. Le fameux melon orang(j)e... Sans forcer, les Néerlandais se procuraient quelques occasions dangereuses par l'intermédiaire de Van Der Vaart d'une aile de pigeon de volée (58'), de Van Bommel dans un angle fermé (73'), et de Sneijder, dont la frappe déviée par Agger s'écrasa sur la barre (82'). Les Danois lachèrent totalement match. Sur une faute de marquage, Elia filait défier Sorensen. Sa tentative était déviée du bout des gants par le portier nordique sur le poteau. A l'affût, Kuyt catapulta le ballon dans le but vide (2-0, 85'). Malgré une énième tentative d'Afellay d'aggraver le score (87') et de Rommedahl de réduire la marque (90'), le score ne bougea pas. Bien décevants, les hommes de Van Marjwik s'imposent et empochent les trois points précieux de la victoire. C'est dire que quand ces joueurs vont monter en régime et à leur niveau, cette sélection batave risque de faire mal. Côté danois, le coup est difficile à encaisser, et la qualification se compromet déjà quelque peu...

  

 

                

En lutte aérienne, Bendtner (en blanc) semble prendre le dessus. Pourtant, c'est bien Kuyt et ses coéquipiers qui remporteront ce match [Panoramic]

 

Pays-Bas - Danemark : 2-0 (0-0)

Arbitre : M. Lannoy (Fra)

Affluence : 83 485 spectateurs

 

Buts : S. Poulsen (46' csc.), Kuyt (85') pour les Pays-Bas

 

Avertissements : De Jong (43'), Van Persie (49') pour les Pays-Bas ; Kjaer (63') pour le Danemark 

 

Pays-Bas : Stekelenburg - Van der Wiel, Heitinga, Mathijsen, Van Bronckhorst (cap.) - Van Bommel, De Jong (De Zeeuw 87') - Kuyt, Sneijder, Van der Vaart (Elia 67') - Van Persie (Afellay 77').

 

Danemark : Sorensen - Jacobsen, Agger, Kjaer, S. Poulsen - C. Poulsen, Kahlenberg (Eriksen 72') - Enevoldsen (Gronkjaer 55'),  Jorgensen (cap.) - Rommedahl - Bendtner (Beckmann 61').

 

 

Homme du match : Elia (Pays-Bas) : Certes, il n'était pas titulaire. Certes, il n'a joué que 25 petites minutes. Mais ce fut grandement assez pour en démontrer plus que l'ensemble de ses coéquipiers présents sur le terrain depuis le coup d'envoi de la rencontre. Remplaçant Van Der Vaart sur le côté gauche, il a littéralement fait explosé Jacobsen et a montré toute sa fougue de sa jeunesse (23 ans). Très percutant, il a apporté de la vitesse dans le jeu néerlandais. Il aurait pu gratifier sa très belle rentrée d'un but si Sorensen n'avait pas sorti les bouts des gants (85'). Un joueur intéressant, bourré de talent, qui a su faire la passe au bon moment. Un jeu juste, de la prise de risque et un véritable apport offensif. Beaucoup mieux que le transparent Van der Vaart.

 

Boulet du match : S. Poulsen (Danemark) : Il est malheureux le joueur de l'AZ Alkmaar. Auteur d'une première période honorable, où il a bien tenu son couloir gauche en rendant transparent le joueur de Liverpool Kuyt, il a commis l'irréparable en tout début de seconde période. Sa tête loupée s'en va mourir dans le petit filet opposé d'un Sorensen désabusé. Ce but marque un tournant dans le match, puisque les Néerlandais se contenteront de gérer cet avantage cadeau alors que les Danois ne s'en remettront jamais. Une erreur, sa seule du match qui coûte très cher au final.

 

 

                           

S. Poulsen effectue un sauvetage miracle sur une tentative d'Afellay. Cela ne fait pas pour autant oublier son énorme bévue... [Daryl] 

 

 

 

Une défense japonaise héroïque 

 

 

                              1   -   0     

 

 

Ce qui devait être une rencontre facile et abordable pour les Camerounais s'est vite transformé en un véritable et formidable guet-apens conçu par les Japonais. Auteur d'une série de matchs de préparation assez catastrophique, avec une spécialisation dans le but contre son camp (2 contre l'Angleterre, 1 contre la Côte d'Ivoire), option cassage de bras de l'adversaire (Drogba s'en souvient encore...), le Japon et son sélectionneur, Takeshi Okada avaient mis en place un 4-5-1 bien rodé et gênant considérablement le 4-3-3 camerounais, le milieu à trois étant littéralement étouffé par la pression des cinq milieux nippons (ni viaducs...). Malheureusement, cela se fit ressentir sur le terrain, où le jeu se résuma à de longues balles en touche ou en six mètres (au choix), à des passes imprécises annihilant toute offensive et à de nombreuses petites fautes hâchant littéralement le jeu. Il fallut d'ailleurs attendre le quart d'heure de jeu passé pour assister à la première petite occasion et un centre-tir de la droite de Matsui, sans souci pour Souleymanou (17'). Le Cameroun réagissait tardivement par Eyong avec une frappe à l'entrée de la surface dans les bras du gardien japonais (37'). Alors qu'on pensait se diriger vers un match nul des plus soporiphiques, le duo Matsui-Honda se mettait en action. Sur un bon travail côté droit, Matsui, le Grenoblois, mettait dans le vent Assou-Ekotto et centrait parfaitement au second poteau vers Honda. Le joueur du CSKA Moscou, libre de tout marquage, prit le temps de contrôler Jabulani et de tromper sereinement le gardien camerounais d'une frappe placée à l'angle des six mètres (1-0, 39'). La seconde période repartit sur un rythme similaire à la première, à s'endormir à l'heure de jeu... Seul Eto'o avait réchauffé l'ambiance. Sur un petit numéro de dribbles, il élimina trois défenseurs avant de centrer idéalement Choupo-Moting. Mais l'avant-centre africain loupa sa reprise en envoyant le ballon bien au-dessus de la lucarne (49'). C'en était tout jusqu'à dix dernières minutes de folie, où les montants des buts tremblèrent. Sur la seule offensive asiatique de la seconde mi-temps, Hasebe tenta sa chance des 20 mètres. Souleymanou repoussait le cuir dans les pieds de Yano qui trouva le poteau (82'). Encore en vie, les Lions Indomptables tentèrent aussi leur chance de loin. Mais le champion de France marseillais Stéphane M'Bia voyait son missile repoussé par l'équerre des buts de Kawashima. Les hommes de Paul Le Guen continuèrent de balancer de longs ballons dans la surface japonaise, sans pour autant trouver la faille. Malgré quelques situations dangereuses dans les ultimes secondes de Eto'o ou Emana, le score ne bougea pas. La faute en grande partie à une défense japonaise héroïque. Au final, les Japonais réalisent une excellente opération dans la course aux huitièmes de finale, aux vues des prestations camerounaises et danoises du jour. Quant aux Camerounais, la qualification s'est compromise, mais n'est pas encore impossible. Toutefois, une chose est claire : l'étau se resserre...

 

 

Webo devancé par Nagatomo, et c'est le Japon qui file vers la victoire [AFP]

 

Japon - Cameroun : 1-0 (1-0)

Arbitre : M. Benquerença (Por)

Affluence : 30 620 spectateurs

 

Buts : Honda (38') pour le Japon

 

Avertissements : Tulio Tanaka (90'+1), Abe (90'+2) pour le Japon ; Nkoulou (72') pour le Cameroun

 

Japon : Kawashima - Nagatomo, Nakazawa, Tulio Tanaka, Komano - Abe - Matsui (Okazaki 68'), Honda, Hasebe (cap.) (Inamoto 88'), Endo - Okubo (Yano 82'). 

 

Cameroun : Souleymanou - Mbia, Nkoulou, Bassong, Assou-Ekotto - Matip (Emana 63'), Makoun (Geremi 75'), Eyong - Eto'o (cap.), Webo, Choupo-Moting (Idrissou 75').

 

Homme du match : Honda (Japon) : Son but en fin de première période vaut de l'or. Mais plus que son but, le créatif milieu japonais, qui évolue en Russie, au CSKA Moscou, a beaucoup apporté de soutien en attaque. Avec Daisuke Matsui, il a été le joueur nippon le plus volontaire et technique de la sélection de Okada. Trop souvent esseulé, il s'est débattu pour récupérer des ballons et a parfaitement obéit aux consignes tactiques. Il aurait pu inscrire un doublé en fin de rencontre, sur une frappe mal négociée par Souleymanou (87'). Un joueur intéressant, qui porte à bout de jambes, de bras et de crampons la sélection japonaise avec Matsui, lui aussi très virevoltant.

 

Boulet du match : Choupo-Moting (Cameroun) : Il m'a considérablement agacé. Jamais placé au bon endroit au bon moment, doué d'une technique balle au pied digne d'un cul-de-jatte, l'attaquant habituel du FC Nuremberg a été extrêmement décevant. Plus que ses coéquipiers en tout cas. Il n'a pas fait bénéficier au collectif son jeu de tête qui aurait pu être utile. Excepté une frappe hors-cadre, alors qu'il était idéalement servi, il ne s'est jamais montré dangereux devant le but. Ce qui reste dommageable pour un attaquant. Affichant une certaine nonchalance et désinvolture sur la fin, ce joueur ne m'a pas plus. Logiquement remplacé à l'entame du dernier quart d'heure par Idrissou.

 

                  

Les Japonais peuvent féliciter Honda : son but coûte trois points précieux [Getty Images]

 

 

Classement Groupe E :

 

1- Pays-Bas 3 points (+2)

2- Japon 3 points (+1)

3- Cameroun 0 point (-1)

4- Danemark 0 point (-2)

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Publié dans Football

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