Football : Coupe du Monde FIFA 2010 (Groupe F)

Publié le par Neibaf Levuahc

 

Pas si simple que cela...

 

 

 

 

By Fabien CHAUVEL

 

 

Comme dirait Francis Cabrel, "et ça continue encore et encore, c'est que le début d'accord d'accord...". Oui, d'accord que ce n'est que le début de cette Coupe du Monde FIFA 2010. Mais on commence légèrement à attendre et à s'impatienter de voir un véritable match de football, digne d'une Coupe du Monde. En effet, excepté l'Argentine (un peu), la Corée du Sud (un peu), et l'Allemagne (beaucoup), on cherche quand même encore le match référence de cette compétition. On pouvait (utopiquement) penser que les Italiens réaliserait ce match référence. Il n'en fut rien. Malgré une belle prestation collective, nos voisins transalpins ont cruellement manqué de vitesse dans les derniers mètres. Même avec une deuxième mi-temps plus emballante, les champions du monde en titre rentre petitement dans la Coupe du Monde. Mais, à la différence des Pays-Bas, ils n'ont pas gagné. Il faudra se méfier par la suite. Concernant la prestation première de la Slovaquie en Coupe du Monde, Robert Vittek et ses coéquipiers ont fait bonne figure face à de vaillants néo-zélandais pour l'un des matchs les plus emballants de la compétition, avec celui de l'Allemagne. Je vous propose donc, comme à l'habitude, un retour sur ces deux matchs du Groupe B avec un résumé accompagné de la fiche technique, de l'homme du match et du traditionnel "boulet" du match que j'affectionne tant.

 

 

Les Italiens méritaient mieux... 

 

 

                                   1   -   1     

 

 

J'attendais avec impatience l'entrée en lice de mes Italiens dans cette Coupe du Monde. Les tenants du titre (pour ceux qui ne s'en souviendraient pas, ou qui font semblant de ne pas s'en souvenir) remettaient donc leur trophée en jeu avec un match d'entrée difficile à négocier contre le Paraguay, qui a réalisé une campagne de qualification assez intéressante. Comparée aux derniers matchs de préparation de la Squadra Azzura, on pouvait se faire du souci pour les Italiens. Pourtant, le début du match fut entièrement à l'avantage des hommes de Lippi, avec une domination territoriale et une possession de balle importante en milieu de terrain, sans pour autant apporter le danger sur les buts paraguayens. D'ailleurs, en parlant de danger devant des buts, on en a guère vu pendant la première période. Peut-être est-ce le temps excécrable (pluie soutenue et seulement 8°C affiché au thermomètre...) qui en est la cause. Côté italien, on peut tout juste relever l'énorme occasion de Montolivo qui profite d'une erreur de Vera pour filer seul au but. Mais le joueur de la Fiorentina écrasa frappe au dernier instant, ce qui permit à Justo Villar, le gardien sud-américain du Real Valladolid de se saisir tranquillement du ballon (21'). Sur le dégagement, le ballon revenait jusqu'à Vera qui loupait son centre. Le ballon revenait pour autant sur Torres à l'entrée de la surface plein axe. Mais lui aussi écrasa sa frappe, et le ballon fila en six mètres, au plus grand soulagement de Buffon (22'). Puis plus rien. Une baisse d'intensité des Italiens, un manque d'envie des Paraguayens et le match tomba dans l'ennui. On aurait pu en rester là jusqu'à la mi-temps, mais l'arbitre en décida autrement. Monsieur Archundia, mexicain d'origine, avait du forcer la dose de tequila. En effet, il tomba dans le jeu de Valdez, qui simula une faute de Chiellini. L'arbitre accorda donc un coup-franc inexistant aux Sud-Américains. Magnifiquement frappé par Torres, Alcaraz s'envolait plus haut que tout le monde et catapulta le cuir dans le petit filet de Buffon, impuissant sur ce coup-là (0-1, 39'). Le coup parfait. Assomés par ce but, les Italiens rentraient aux vestiaires avec ce but en leur défaveur. En seconde période, la Squadra Azzura montra plus d'allant offensif en se procurant quelques occasions. Tout d'abord Montolivo, qui après un jeu collectif en une touche de balle, tenta sa chance aux 24 mètres, dans les bras du gardien (55'). Puis avec Camoranesi, qui pour son premier ballon, failli faire trembler les filets sur un centre-tir vicieux venant de la droite (59'). La décision approchait... Et intervînt peu après l'heure de jeu. Après une nouvelle pousée, Simone Pepe et ses coéquipiers obtenaient un corner. Celui-ci le frappa et trouva dans les six mètres De Rossi qui, du plat du pied, poussa le ballon dans les filets, après une sortie hasardeuse de Villar (1-1, 63'). Les pendules étaient remises en ordre. Malgré deux autres tentatives de Pepe à l'entrée de la surface (79') et de Montolivo au ras du poteau (83'), le score ne bougea pas, la faute à Villar, impeccable sur ces deux tentatives italiennes. Côté paraguayen, cette seconde période s'est terminé au courage. Pour dire vrai, Marchetti, qui avait remplacé Buffon à la mi-temps pour souci aux ischio-jambiers, n'a eu aucun arrêt à effectuer. Seul Vera avait eu une bonne occasion, mais sa frappe déviée par Chiellini rasa la lucarne (54'). Trop peu pour espérer quelquechose. Au final, les Italiens peuvent s'en mordre les doigts de ne pas avoir su empocher les trois points de la victoire, alors que les Paraguayens se satisfaisaient parfaitement de ce match nul. Il faudra désormais pour ces deux sélections faire le métier contre la Nouvelle-Zélande et la Slovaquie, deux équipes largement à leur portée...

 

 

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De Rossi a permis aux Italiens d'accrocher le match, et par ainsi, d'éviter la défaite [REUT]

 

 

Italie - Paraguay : 1-1 (0-1)

Arbitre : M. Archundia (Mex)

Affluence : 64 000 spectateurs

 

Buts : De Rossi (63') pour l'Italie ; Alcaraz (39') pour le Paraguay

 

Avertissements : Camoranesi (70') pour l'Italie ; Caceres (61') pour l'Italie

 

Italie : Buffon (Marchetti 46') - Zambrotta, Cannavaro (cap.), Chiellini, Criscito - De Rossi, Montolivo - Pepe, Marchisio (Camoranesi 58'), Iaquinta - Gilardino (Di Natale 72').

 

Paraguay : Villar (cap.) - Bonet, Alcaraz, Da Silva, Morel - Vera, V. Caceres, Riveros, Torres (Santana 59') - Valdez (Santa Cruz 68'), Barrios (O. Cardozo 76').

 

Homme du match : Pepe (Italie) :  L'homme du match aurait pu être De Rossi, le joueur de l'AS Roma, élu meilleur joueur du championnat italien cette saison. Son but permet aux Italiens de ne pas se faire distancer par les Paraguayens et de toujours espérer à la première place. Sans oublier son travail de récupérateur, fait avec brio. Non. J'ai été assez impressioné par le milieu Simone Pepe, qui évolue à la Juventus Turin. Originaire d'Albano Laziale, dans le Latium, ce milieu ailier, qui peut jouer à droite ou à gauche, a montré plein de vivacité et d'envie durant ce match. Il a constamment apporté le danger sur les buts de Villar, en mettant en difficulté les ailiers Bonet et Morel. Excellent frappeur de coups de pied arrêtés, il est passeur décisif sur le but de De Rossi. Il n'a pas rechigné à sa charge. Je dois avouer que c'est un joueur que je connaissais assez peu. Et je suis assez satisfait de voir une relève de ce niveau apparaître. Toujours mobile, il a offert pas mal de solutions à ses coéquipiers. Un joueur à suivre. 

 

Boulet du match : Valdez (Paraguay) :  J'ai trouvé ce joueur ultra-énervant. J'ai essayé de compter le nombre de fois où il s'était auto-propulsé au sol. J'ai finalement abandonné, tellement il a répété son jeu d'acteur. D'ailleurs, le but paraguayen provient d'un coup-franc pour une faute inexistante sur lui, où il se laisse tomber tout seul. L'attaquant du Borussia Dortmund n'a donc cessé de tricher. Le pire dans tout cela, c'est qu'il ne s'est procuré aucune occasion et qu'il a été assez apathique en attaque. En somme, un attaquant qui tombe tout le temps, en espérant que l'arbitre tombe dans le panneau. Cela a marché une fois contre l'Italie, et permis au Paraguay de ne pas se faire battre. Assez misérable et pitoyable. Remplacé par Santa Cruz, l'ancien joueur du Bayern Munich, qui, lui, a fait preuve de fair-play, en ne se laissant pas tomber.

 

 

Simone Pepe, pris en tenaille dans la défense paraguayenne, a rendu une copie plus qu'honorable [AFP]

 

 

 

En prime, la résumé de ce match, sous les beaux ordres de TF1 

 

 

Le match des toutes premières fois 

 

 

                               1   -   1     

 

 

On peut dire que ce match représentait une rencontre inattendue entre une sélection venue d'Océanie qui participait pour la deuxième fois seulement à une phase finale de Coupe du Monde, après celle de 1982 en Espagne, et une sélection d'Europe de l'Est récente, issue de la dislocation de la Yougoslavie, qui participait pour la première fois à une phase finale de Coupe du Monde. Aussi, les Néo-Zélandais, lors de leur seule participation en 1982 avaient récolté un joli zéro pointé, et seulement deux buts marqués contre l'Ecosse. Autant dire que ce match allait forcément être historique pour l'une ou/et l'autre, avec des premiers points à la clé. Et l'on pouvait craindre un match de bas niveau et peu emballant entre deux équipes méconnues. Pourtant, c'est à une rencontre animée, plaisante, plein de suspens et avec des buts à laquelle les presque 24 000 spectateurs du stade Royal Bafokeng de Rustenburg. Très vite, les suprenants All Whites se mettaient en évidence avec Killen, mais sa première frappe fut non-cadrée (3'), alors que sa tête fut captée difficilement en deux temps par le portier slovaque (4'). Réveillé par ce départ rapide, les hommes de Vladimir Weiss mettaient du temps à réagir. Son maître artificier, le Napolitain Hamsik, ouvrait les hostilités mais sa frappe enroulée ne trouva pas le cadre (21'). Puis ce fut au tour de l'excellent Sestak de rentrer en piste. Tout d'abord par une frappe bout du pied qui passa à côté (27'), puis une tête qui fuya le but après une sortie loupée de Paston (29'). Le match était riche en occasion, et les deux équipes se rendaient coup pour coup. A la frappe puissante de peu à côté de Killen (32') répondit Vittek et sa frappe aux 25 mètres qui ne passa pas loin non plus (35'). Puis à la somptueuse volée de Smeltz, sortie de la lucarne par Mucha (37'), répondit la toute aussi somptueuse frappe de Hamsik qui partait se loger sous la barre sans l'intervention de Paston (42'). Une première mi-temps rythmée, avec beaucoup d'occasions, du jeu offensif, et de belles surprises, que ce soit côté néo-zélandais ou slovaque, le 4-3-3 appliqué par Ricki Herbert posant énormément de difficultés à la sélection européenne. La seconde période repartit sur les mêmes bases, avec un changement de programme. Sur un centre parfait de Weiss, Vittek reprenait parfaitement le ballon de la tête et trompa Paston, trop court (0-1, 49'). Le premier but historique de la Slovaquie en Coupe du Monde. L'ancien Lillois, qui n'était pas rentré dans les annales nordiques, ni dans les plans de Garcia, vient donc de rentrer dans l'histoire du football slovaque. A jamais, on se souviendra de lui... A partir de là, la Repre se contentait de gérer leur avantage face à des All Whites assomé par le but. Et sur un contre, ils n'étaient pas loin de friser la correctionnelle... Bien emmené par Hamsik et Sestak, le ballon revenait sur Vittek qui piqua son ballon par dessus le gardien, mais Reid veillait pour dégager in-extremis en corner (68'). Les minutes s'égrénaient et les Slovaques géraient leur maigre avantage, sans être à l'abri d'une mauvaise surprise. En face, les Néo-Zélandais ne lâchaient rien, à l'image de leur milieu vétéran, Elliott, auteur d'une prestation remarquable. A force de persévérance, on croyait qu'ils tenaient leur égalisation. Sur un centre au millimètre de Lochhead, Smeltz reprenait le cuir de la tête, seul sur la ligne des six mètres. Mais il loupa son geste et le ballon mourra dans les panneaux publicitaires. L'ultime chance... Avant le dernier sursaut. Sur une ultime balle dans la surface, Reid, le même latéral droit qui avait sauvé les siens contre Vittek, surgissait de la tête pour propulser le ballon sur le poteau rentrant des buts d'un Mucha désabusé (1-1, 90'+3). Une scène d'hystérie folle du côté des All Whites et un nouvel événement historique, puisque le pays du rugby et du cricket marque son premier point en Coupe du Monde grâce à ce coup de casque de Reid. Lui aussi pourra entrer dans la légende du football néo-zélandais. Au final, un match intense, emballant et non-ennuyant. En clait, cela nous a changé des derniers jours, et je ne m'en plains pas. Surtout, avec ce résultat, ce groupe reste très ouvert, tel le groupe A de l'Equipe de France où tout le monde à un point. Et bien malin celui qui peut annoncer à l'heure actuelle qui seront les deux premiers de ce groupe...

 

 

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Muncha, Skrtel et Strba peuvent être déçus : ils sont passés tout près de leur première victoire en Coupe du Monde [REUT]

 

Nouvelle-Zélande - Slovaquie : 1-1 (0-0)

Arbitre : M. Damon (Rsa)

Affluence : 23 871 spectateurs

  

Buts : Reid (90'+3) pour la Nouvelle-Zélande ; Vittek (49') pour la Slovaquie

  

Avertissements : Lochhead (42'), Reid (90'+4) pour la Nouvelle-Zélande ; Strba (54') pour la Slovaquie

  

Nouvelle-Zélande : Paston - Reid, Nelsen (cap.), Vicelich (Christie 77'), T. Smith - Bertos, Elliott, Lochhead - Fallon, Smeltz, Killen (Wood 71').

  

Slovaquie : Mucha - Zabavnik, Durica, Skrtel, Cech - Strba - V. Weiss (Kucka 90'+1), Sestak (Holosko 80'), Hamsik (cap.) - Vittek (Stoch 84'), Jendrisek.

  

Homme du match : Reid (Nouvelle-Zélande) : J'ai longuement hésité pour décerner ce titre d'homme du match à un joueur en particulier. Entre Weiss, Sestak et Vittek pour son but côté slovaque, et Elliott et Reid pour son but côté néo-zélandais, j'ai finalement choisi le dernier nommé. Il correspond le mieux à cette étiquette d'homme du match en offrant le point du match nul au bout du temps additionnel. Surtout, pendant les 92 minutes avant son but, lui qui évolue sous le maillot de Midtjylland au Danemark a été très propre sur son couloir droit, gênant considérablement Jendrisek et Weiss, avant que celui n'aille au côté opposé. Sa qualité de jeu long a été intéressante. L'une des satisfactions de cette belle rencontre, qui a plus que tenu ses promesses. Mais surtout, son but vaut de l'or, et rend le groupe complètement indécis. Un joueur méconnu, qui serait intéressant de voir en France, et pourquoi pas à Laval...

  

Boulet du match : Paston (Nouvelle-Zélande) :  Le gardien néo-zélandais, qui évolue sous le maillot de Wellington Phoenix, a été le seul joueur décevant de la rencontre. Ce titre peu honorifique ne pouvait donc que lui revenir. Des sorties aériennes hasardeuses, un jeu au pied excécrable, il a semblé être le seul des 22 acteurs crispé par l'enjeu. Au final, une prestation plus que moyenne, sauvée par un arrêt décisif sur une frappe d'Hamsik et par la maladresse des attaquants slovaques. Le maillon faible océanien, et de la rencontre dans sa globalité.

 

 

 

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Winston Reid peut exulter : il offre un premier point historique à l'archipel océanien [Guillaume Georges]

 

 

Classement Groupe F :

 

1- Italie 1 point (0)

2-  Paraguay 1 point (0)

 3- Nouvelle-Zélande 1 point (0)

4- Slovaquie 1 point (0)

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Publié dans Football

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