Football : Coupe du Monde FIFA 2010 (Groupe H)

Publié le par Neibaf Levuahc

 

Des Chiliens plus qu'out-siders

 

 

 

 

By Fabien CHAUVEL

 

 

Et dire qu'il aura fallu attendre le premier match du dernier groupe de cette Coupe du Monde 2010 pour avoir un véritable match de football, avec du jeu offensif, de beaux mouvements, des occasions, un but... et avec le niveau que recquiert une Coupe du Monde. Pourtant, ce Honduras-Chili ne s'annonçait pas sous les meilleures hospices, entre deux équipes promises aux deux places éliminatoires. Pourtant, ces deux équipes ont pratiqué du beau jeu, telle la mentalité sud-américaine. Un ton au-dessus techniquement, les Chiliens ont impressioné, avec certains joueurs qui, s'il perdurent à ce niveau, risquent d'attirer les convoitises des grands clubs. Quant aux Espagnols tant attendus, on peut dire qu'ils ont grandement déçu, tout comme l'Angleterre, les Pays-Bas, le Brésil... A la différence que la sélection de Del Bosque n'a pas engrengé le moindre point pour son entrée dans la compétition. Coup de tonerre... Retour sur ces deux matchs du Groupe B avec un résumé accompagné de la fiche technique, de l'homme du match et du traditionnel "boulet" du match que j'affectionne tant.

 

 

Des Chiliens autant séduisants que l'Allemagne 

 

 

                               0   -   1     

 

 

Le Chili était une des attractions de ce début de Coupe du monde. Annoncée, jeune joueuse et talentueuse, la Roja n'a pas déçu pour son entrée dans la compétition. Elle a du talent et de la jeunesse à revendre et elle a énormément joué face au Honduras. Pour espérer se qualifier, les Chiliens devaient absolument prendre trois points face au Honduras. Cela s'est fait et avec la manière (s'il vous plaît). Avec l'Allemagne, le Chili a sans doute été l'équipe la plus agréable à voir jouer depuis le début du Mondial vendredi dernier. Le jeu de l'équipe de Marcelo Bielsa apporte une bouffée de fraicheur salutaire dans un air vicié et dans une Coupe du Monde où l'on commence royalament à se faire chier (si vous me permettez l'expression, une nouvelle fois). Elle possède en revanche un gros défaut qu'elle devra corriger si elle veut durer : son manque d'efficacité. Les coéquipiers de Claudio Bravo se sont procuré un nombre incalculables d'occasions. En première période, Fernandez s'illustra dès les premiers instants par un coup-franc des 30 mètres qui dansa avec la transversale du gardien hondurien (2'). Puis Vidal, le latéral gauche, non-attaqué, tenta lui sa chance des 35 mètres. Avec les trajectoire flottante de Jabulani, Valladares du s'employer d'une manchette et en deux temps pour se saisir du ballon (9'). Puis Vidal, encore lui, sur corner, vit sa tête passer au-dessus des buts (25'). Une franche domination chilienne récompensée par Beausejour. L'attaquant de l'America, né de père haïtien (d'où la consonance française) s'était retrouvé à la conclusion d'un superbe mouvement qui résuma assez bien le match, même s'il a bénéficié d'une bonne dose de réussite, le ballon ayant été dévié sur lui par un défenseur adverse. Mais la combinaison à l'origine du but côté droit entre Sanchez et Millar, elle, était absolument superbe (0-1, 34'). Le Honduras ne répliqua que par un seul coup-franc de Nunez des 25 mètres, qui fut sorti de dessous la barre par Bravo (45'+1). C'en était tout pour des Honduriens empruntés, qui se contentaient de défendre comme ils pouvaient, dans un système en 4-2-3-1 qui ressemblait plus à un bon vieux 4-5-1, qui ne laissait pas la place à l'offensive. Faute d'avoir su concrétiser au moins une de ses nombreuses autres opportunités, le Chili resta jusqu'au bout sous la menace, mais le Honduras ne se montra jamais réellement menaçant en seconde période. Au contraire, ce furent les Chiliens qui se procurèrent les meilleures occasions, avec l'intenable Sanchez qui voyait sa frappe trop croisée après un double contact somptueux (62'). Dans la foulée, le défenseur central Ponce croyait doubler la mise d'une tête plongeante à bout portant, mais Valladares réalisa un arrêt miracle, l'arrêt de cette Coupe du Monde à l'heure actuelle. Au final, cette victoire n'est pas seulement précieuse pour la sélection chilienne. Elle est surtout historique. C'est en effet la première dans une phase finale de Coupe du monde depuis 1962 et l'édition organisée précisément par le Chili et achevée à la troisième place. Depuis, la Roja n'avait plus goûté à la saveur d'une victoire en Coupe du monde, même en 1998, lorsqu'elle s'était qualifiée pour les huitièmes de finale (elle avait alors signé trois nuls lors du premier tour). 48 années de disette ont pris fin mercredi à Nelspruit. Et sur ce que les Chiliens ont montré, c'est amplement mérité. Et autre que la qualification en huitièmes, le Chili peut espérer a mieux s'il continue à maintenir ce niveau de jeu. Voilà un out-sider bien caché... 

 

 

Profitant de l'erreur de Cavez, Beausejour marque le seul but du match, précieux pour le Chili [Reuters]

 

Honduras - Chili : 0-1 (0-1)

Arbitre : M. Maillet (Sey)

Affluence : 35 000 spectateurs

 

But : Beausejour (34') pour le Chili 

 

Avertissements : Palacios (32') pour le Honduras ; Carmona (4'), Fernandez (19') pour le Chili

 

Honduras : Valladares - Mendoza, Cavez, Figueroa, Izaguirre - Palacios, Guevara (cap.) (Thomas 65') - Alvarez, Nunez (Martinez 77'), Espinoza - Pavon (Welcome 59').

 

Chili : Bravo (cap.) - Isla, Medel, Ponce, Vidal (Contreras 81') - Millar (Jara 52'), Carmona, Fernandez - Valdivia (Gonzalez 87') - Sanchez, Beausejour.

 

Homme du match : Fernandez (Chili) : Le joueur du Sporting Portugal a tout simplement été impressionnant au milieu de terrain. Il a ratissé un nombre incalculable de ballons, tout en les distribuant intelligement. Puis son coup de patte est assez intéressant. Il aurait d'ailleurs pu ouvrir le score à quelques centimètres près... Il a été très précieux dans l'entrejeu, en ne s'affolant jamais et en jouant toujours juste. Voilà un joueur qui pourrait attirer les regards sur lui s'il réédite ce genre de performances, tout comme Sanchez et Valdivia. Il a parfaitement combiné avec son latéral gauche plus qu'offensif, Vidal, ce qui lui a permis d'apporter constamment le surnombre en attaque. Il a mis au supplice la défense hondurienne, et encore plus Palacios, qui récolta un carton jaune, agacé par le talent de Fernandez.

 

Boulet du match : Espinoza (Honduras) : Je vous préviens d'avance, je ne vais pas faire long sur ce joueur. En effet, en relisant la composition du Honduras, ce nom m'a sonné comme un délic entre mes deux neurones : mais qui est-il ? J'ai eu beau chercher, je n'arrive pas à me remémorer la performance de ce joueur. Autant dire que pour que je passe à côté, il vraiment du être transparent (encore plus que Kakà et Anelka...) Et être aussi transparent ne mérite-t-il pas ce titre de Boulet du match ? Je pense. Puis comme ça, le Honduras aura pas perdu son après-midi avec moi... J'avoue que ce boulet est un peu bidon, mais on a assisté à un match d'une telle qualité qu'il était difficile de ressortir quelqu'un ici. Espinoza qui a été inexistant le mérite alors plus que les autres.

 

 

Fernandez aura su prendre le dessus sur Palacios et le Honduras [Panoramic]

 

 

Quand la Furia Roja vira au rose pâle... 

 

 

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Pour le compte du dernier match du premier tour de la phase de poules, on avait le droit à l'entrée en lice du grandissime favori, l'Espagne, championne d'Europe en titre, face à des Suisses dont on ne prédisait pas cher de leur peau. Pourtant, la salade ne va pas tourner en leur faveur... Certes, sur l'ensemble du match, Vicente del Bosque n'a pas grand chose à reprocher à ses joueurs, sinon leur manque de réalisme et un manque de vigilance sur les rares contres de la Nati. Car comme dit le dicton, "dominer n'est pas gagner", et l'Espagne l'a appris à ses dépens après avoir campé dans la moitié de terrain suisse durant la quasi-totalité du match. Mais elle s'est heurtée à une défense suisse très solide dans le sillage d'un Stéphane Grichting héroïque et d'un gardien, Diego Benaglio, impérial dans le but helvète. Le portier de Wolfsburg a écoeuré les attaquants de la Roja, notamment face à Piqué (24'), Villa (58') ou Navas (72') pour ne citer qu'eux. Et quand il n'était pas là pour sauver la Suisse, c'est sa barre qui venait à la rescousse sur une frappe terrible de Xabi Alonso (70'). Del Bosque pourra regretter de ne pas avoir débuté la rencontre avec deux attaquants, laissant David Villa seul en pointe au coup d'envoi. Les entrées conjuguées de Fernando Torres et Jesus Navas à l'heure de jeu n'ont pas suffi pour percer le mur dressé par les hommes d'Ottmar Hitzfeld, l'ancien coach du Bayern Munich, dans la dernière demi-heure. Le plan de jeu du technicien allemand, quant à lui, s'est révélé particulièrement efficace : bétonner derrière et attendre le contre fatal pour crucifier le champion d'Europe. Cela aurait pu marcher en première période, mais le coup franc obtenu par N'Kufo et tiré par Huggel trouvait Casillas en deux temps (26'). Cela a finalement payé sur un contre orchestré par Gelson. Lancé en profondeur, Derdiyok butait sur Casillas et Piqué, mais le Stéphanois avait bien suivi pour ouvrir la marque (0-1, 52'). La Nati aurait même pu doubler la mise si le même Derdiyok n'avait pas trouvé le poteau d'un extérieur du pied droit splendide après avoir enrhumé la défense espagnole sur un joli une-deux avec N'Kufo, accompagné d'un double crochet digne d'un Zidane (74'). L'attaquant du Bayer Leverkusen a assuré un très bel intérim en l'absence du capitaine Alexander Frei, touché à une cheville. Il a donc contribué à l'exploit suisse, qui restera le moment le plus fort de cette première semaine de Mondial. Pour l'Espagne, la compétition commence comme personne ne pouvait l'imaginer. La Furia Roja aura une pression terrible au moment de défier le Honduras, lundi, qui devra aussi prendre des points pour éviter l'élimination prématurée. Malheur aux vaincus...

 

 

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 Malgré l'impact physique de Busquets, les Espagnols ont chuté d'entrée [buzinfos]

 

Espagne - Suisse : 0-1 (0-0)

Arbitre : M. Webb (Eng)

Affluence : 62 452 spectateurs

 

But : Fernandes (51') pour la Suisse 

 

Avertissements : Grichting (30'), Ziegler (73'), Benaglio (90'+1), Yakin (90'+4) pour la Suisse 

 

Espagne : Casillas (cap.) – S.Ramos, Piqué, Puyol, Capdevila – Xabi Alonso, Busquets (Torres 61'), Xavi – Silva (Navas 61'), Villa, Iniesta (Pedro 77').

 

Suisse : Benaglio – Lichtsteiner, Senderos (Von Bergen 35'), Grichting, Ziegler - Barnetta (Eggimann 90'+2), Inler (cap.), Huggel, G.Fernandes – Derdiyok (Yakin 79'), Nkufo.

 

Homme du match : Grichting (Suisse) : Le joueur de l'AJ Auxerre a tout simplement été héroïque et monstrueux. Tel Onyewu pour les USA, le Suisse a tenu la baraque d'une main de fer incassable et imprenable. Impérial dans les airs, présent et viril au sol, il a étouffé littéralement David Villa, le néo-barcelonais en ne le lâchant pas d'une semelle. Très physique, il n'a jamais baissé le pied, surtout dans les derniers instants où les ballons affluaient dans la surface helvète. Mais il n'a jamais paniqué et s'est avéré comme la tour de contrôle de la sélection suisse. Sérieux, il rassure ses coéquipiers et amoindrit comme il peut le travail du gardien. Si l'Equipe de France avait un défenseur axial de la sorte... 

 

Boulet du match : Villa (Espagne) :  Quelle déception ! Certainement trop esseulé dans la tenaille suisse, il n'a jamais semblé exister dans cette rencontre. Dépassé, il s'est fait mangé par l'axe central, notamment Grichting. Surtout, il a souvent privilégié la solution personnelle à la solution collective. Ne lâchant le ballon que trop tard, il a bafoué, gâché et gaspillé de nombreuses occasions ibériques. A son actif, une seule pauvre frappe qui permit à Benaglio de rester en condition (57'). Avec l'entrée de Torres, il est carrément devenu transparent. Une prestation inquiétante de la part d'un joueur de ce niveau.

 

 

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 Villa pris par Grichting : jamais l'Espagnol n'aura su trouver la faille face à l'Auxerrois [Reuters]

 

 

Classement Groupe H :

1- Chili 3 point (+1)

2- Suisse 3 points (+1) 

3- Honduras 0 points (-1)

4- Espagne 0 point (-1) 

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Publié dans Football

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