Football : Stade Laval - Le Havre AC (avant-match)
Laval doit (enfin!) concrétiser ses moments forts

By Fabien CHAUVEL
Deuxième match en cinq jours pour les Lavallois. Enorme était la déception lundi soir contre Metz (3-3). Après avoir eu plusieurs occasions de mener 4 ou 5 à 1, les Mayennais se sont laissés rejoindre par leur adversaire comme une sale habitude qui exaspère les supporters. Pour effacer au plus vite cette nouvelle contre-performance, les Tangos peuvent tout de suite enchaîner en battant Le Havre, actuellement 8° du championnat à égalité de points avec le Stade Laval.
Elle est loin l'époque d'un HAC flamboyant en Première Division. Après cinq longues années en Ligue 2, les Normands étaient parvenus à remonter en Ligue... pour une saison. Après une belle victoire contre Nice (1-0), le club se retrouve 5° du classement. Mais va s'en suivre une véritable saison calvaire où le club va passer de la 5° place à la 13° jusqu'à la dernière et 20° place qu'il ne quittera plus jamais sur la fin. Le terrible ascenceur que tout promu veut éviter n'aura donc pas épargné les Havrais. Cette saison, l'objectif est donc clair : remonter en L1. D'autant plus que l'effectif n'a pas énormément changé par rapport à l'année dernière. Avec un effectif mêlant jeunesse (Placide, Kana-Biyik) et expérience (Gillet, Noro), Le Havre semble plus que bien armé pour jouer le podium. Pourtant, leur début de saison est loin d'être idéal et le club se retrouve vite à naviguer dans le milieu du classement. Mais le tournant de la saison pour les hommes de Cédric Daury reste sans nul doute la défaite dans le derby contre Caen fin novembre. Car depuis ce match, le HAC est nettement moins performant et enchaîne les contre-performances. Par conséquent, le podium commence sérieusement à s'éloigner pour les Bleus normands. Pour exemple, lors des dix dernières journées, le club ne s'est imposé que... deux fois, pour quatre défaites et autant de matchs nuls ! Un véritable parcours d'équipe qui se bat pour le maintien, et non pour la montée. Du fait, voilà le club de Louvel en 8° position du classement de Ligue 2, juste derrière le Stade Laval (7°), mais à égalité de points. Autant dire que cette confrontation peut faire très mal au vaincu... La particularité des Havrais est leur manque d'efficacité... comme les joueurs Mayennais ! Mais une chose est sûre : le perdant du match peut dire définitivement adieu à la Ligue 1 et le gagnant peut entretenir la flamme. Et en cas de match nul, les deux disent adieu à l'Elite ! Autant dire que ce match s'annonce engagé.
Des choix qui posent question...
Lors du match aller, la troupe de Philippe Hinschberger avait parfaitement géré l'affaire en allant s'imposer 2 à 0 à Jules Deschaseaux. Fabrice Do Marcolino avait ouvert le score, avant que Jérôme Lebouc ne conclut l'affaire en toute fin de première mi-temps. Et contrairement à Metz, le club du bord de Mayenne avait montré toutes ses qualités défensives en tenant le score en seconde mi-temps. Chose que les joueurs ne savent plus faire actuellement... C'était aussi une époque où le Stade Laval gagnait des matchs et n'enchaînait pas les matchs nuls.
Maintenant, Laval montre des qualités de jeu indéniables, avec des joueurs offensifs de talent que sont Lamatina et Hamouma. Certains spécialistes analysent même que les Tangos pratiqueraient l'un des plus beaux football de Ligue 2... Rien que ça tout de même ! Malheureusement, entre le beau jeu, l'efficacité et le résultat, il y a une énorme marge, qui semble insurmontable pour les Lavallois. Contre Metz, Gonçalves, Lamatina ou encore Levrat ont des occasions de tuer le match et de permettre aux leurs de mener 4 à 1, voire même 5 à 1. Mais rien n'y sera et comme d'habitude, les joueurs du club de Philippe Jan se feront reprendre au score dans les dernières minutes. Une fâcheuse habitude qui commence à agacer dans les travées de LeBasser. Pour faire taire toutes ces mauvaises langues, il ne reste qu'une seule chose faire : gagner ce match et ne pas aligner le 15° match nul de la saison... sur 28 matchs ! Comme le résume Philippe Hinschberger, "ce match nul face à Metz, qui a un goût de défaite, nous laisse quand même un goût amer." En même temps, il suffit de remplacer "Metz" par "Ajaccio", "Angers", "Sedan", "Nîmes" et Compagnie. Un discours qui se lasse et s'épuise dans le temps...
Et pendant que je dis du mal d'Hinschberger, j'en profite pour faire un petit coup de gueule. Quand je vois le groupe ce soir et la composition probable, je tombe des nues. Telle la liste de Tonton Raymond contre l'Espagne, je relève quelques abherrations dans la liste. Tout d'abord, mais c'est un choix constant, on se retrouve avec un seul et unique gardien dans le groupe. Cela me ferait bien (pas) rire que Balijon se blesse en première mi-temps. Je me demande bien comment on se débrouillerait pour la suite du match. Mais cela n'est pas le plus grave. Quand je vois Jérôme Lebouc en attaque, je me demande ce qu'il va apporter. Lebouc est un milieu, excellent cela soit-il répété, mais on s'obstine à le faire jouer en pointe à côté de Genest qui à part courir dans le vide, n'apporte rien offensivement. Pourtant, je crois qu'on possède des attaquants, notamment un certain Martin Garot, qui a inscrit son premier but chez les professionnels contre Istres cette saison. Le fait est que Garot ne joue ni en CFA2 et ni en équipe première. A croire qu'il est légèrement poussé vers la sortie, alors que c'est un garçon très sympathique, travailleur, qui ne vit que pour le football et qui aime plus que tout le Stade Lavallois. A cela, on préfère appeler Jaccuzy qui est une des pires arnaques du siècle avec Stinat (lui aussi dans le groupe), et Raddas, qui n'en a pas foutu une lundi contre Metz. Alors je me demande si Hinschberger gère bien son groupe. Parce que se retrouver avec un milieu et un joueur qui marque pas en attaque, alors qu'on a un attaquant plein d'envie qui n'est plus convoqué, je me pose des questions. A ma charge de mener l'enquête...
Groupe Lavallois : Balijon - Stinat, Buzaré, Chapuis, Talmont, Coué - Levrat, Neumann, Hamouma, Lamatina, Haguy, Gonçalvès, Lebouc - Raddas, Genest et Jacuzzi.
Mon pronostic : Le Havre est en grande difficulté en ce moment, et Laval enchaîne les matchs nuls comme un primaire enchaîne les coquillettes dans un collier de nouilles pour la fête des mères. Même mon chauvinisme ne vient interférer dans mon pronostic. En toute objectivité, je vois tout de même les Lavallois s'imposer 2-0. A condition qu'ils appliquent le même jeu que contre Metz. Parce que, au Havre, on ne trouve pas Wiltord, Mendy, Omotoyossi ou encore Johansen. Gigliotti étant blessé, les Lavallois ont une (nouvelle) chance inouïe de se rapprocher du haut du tableau.