Football : Stade Laval - Stade Brestois (les notes)
Ces Brestois méritent leur place !

By Fabien CHAUVEL
Pour ce dernier match de la saison, les Brestois avaient à coeur de mettre fin à cette série de deux défaites consécutives, depuis la consolidation de leur accession à l'échelon supérieur. Avec un peuple brestois (très sympathique au demeurant) venu en masse, les Brestois ont su faire la différence par leur technique et leur force collective supérieure à celle de Laval, ou certains ont trop cherché à se tirer la couverture pour eux-mêmes, notamment Fabien Raddas. Après une première période insipide, la deuxième fut plus animée et surtout marquée par les adieux de Buzaré et Le Pen. Au final, les Brestois ont confirmé leur rang tandis que Laval l'est entré... dans le rang. Retour sur les performances des 22 acteurs et remplaçants de cette rencontre.
Stade Laval : (moyenne de 5,5/10)
Balijon - 7 : Peut-on, une nouvelle fois, lui reprocher quelque chose sur ce match. Il se prend deux buts certes. Pourtant, je ne pense pas qu'il aurait pu faire quelque chose sur ces deux buts. Même Lloris n'aurait pu intervenir sur ces deux buts. Mais, incontestablement, il a été le meilleur lavallois sur la pelouse. Il a multiplié les arrêts décisifs et écoeuré tout simplement les attaquants brestois. Sans lui, ce n'est même pas une valise que les Tangos auraient ramassé, mais une sacré malle en osier. Le résident de Changé reste un maillon essentiel dans l'effectif Orange et Noir.
Buzaré - 6 : Pour sa dernière apparition à LeBasser en tant que joueur, Philippe Hinschberger l'avait promu capitaine d'un soir, comme à la belle époque. Et, pour sa dernière, il a réalisé un match plutôt correct dans l'ensemble. Défensivement, il a su contenir plus ou moins bien le vire-voltant Lesoimier, en défendant toujours debout sans jamais se livrer. Toujours présent, il a moins apporté offensivement. La faute sans doute à Gonçalves et Hamouma, effacés sur cette rencontre. Remplacé sous une standing ovation de tout LeBasser par Coué (87'), dont la rentrée fut anecdotique.
Chapuis - 6.5 : Le meilleur des 8 défenseurs de la rencontre. Toujours impliqué, il a commis une seule et unique erreur dans un duel aérien. Sans conséquence, puisque Balijon veillait. Sinon, il a toujours été présent. Il nous a même gratifié de quelques gestes brésiliens, avec une percée monumentale de 40 mètres où il a tout simplement mis cinq Brestois dans le vent, qui n'ont pas du comprendre ce que nous faisait le Captain Tango. Il a aussi joué avec le feu, notamment en seconde période, où il récupère un ballon aux abords de la ligne de but. Au lieu de dégager, il fait quelques gri-gris et dépose les deux attaquants adverses présents, médusés. Il a fini le match en tant qu'attaquant de pointe. Sans succès.
Talmont - 6 : Une prestation moyenne, en-deça de ses prestations habituelles. Pour autant, il n'a pas été catastrophique et a été propre défensivement. Il a eu quelques hésitations à la relance et quelques mésententes avec Stinat. Mais dans l'ensemble, on peut parler d'une prestation propre, à défaut d'être flamboyante. A son actif, une intervention pleine d'autorité dans sa surface de réparation alors que Socrier allait armer. Un bon élement du Onze-Type.
Stinat - 5 : Dans un poste inhabituel, lui l'habituel arrière droit, il n'a guère été à son avantage. Poyet l'a souvent mis en difficulté, et il a manqué de cohésion et de complicité avec Talmont, ou encore Haguy et Le Pen. Souvent pris à défaut défensivement, notamment sur le second but, il n'a rien apporté offensivement. Trop d'imprécisions et de manque de justesse dans son jeu pour espérer quelque chose. Heureusement, c'est la fin de saison.
Gonçalves - 6 : Moins percutant que d'habitude. Notre Toutankhamon lavallois (il faut voir tous les bandages et sparadras qu'il a aux jambes) a semblé manquer de jus dans ce match. Son rendement au milieu était bien moins bon qu'à l'accoutumée, et cela s'est ressenti sur le jeu lavallois. Quelques pertes de balles, imprécisions qui ont enrayé de possibles offensives. Il a, comme toujours, compensé avec son physique et sa présence sur l'homme, mais ce n'était pas le Anthony de d'habitude. On n'a pas eu le droit au retour de la momie 53...
Lebouc - 5 : Les matchs se suivent et... ne ressemblent pas tout le temps pour le Vitréen d'origine. Contre Vannes, il avait fait un match plein, avec un but et deux passes décisives. Contre Brest, il a été un peu plus discret, si ce n'est absent. Certes, sa qualité sur coup de pied arrêté reste un atout, mais ne suffit plus sur 90 minutes. Il n'a pas eu cette vision du jeu qui le caractérise. Placé en milieu axial avec Gonçalves (poste qu'il réclame depuis le début de la saison), il a semblé emprunté et mal à l'aise. Dommage.
Hamouma - 5 : Le match contre Caen n'était qu'un éclair au chocolat (certes savoureux) dans un bon café serré. Vendredi, Romain s'est une nouvelle fois montré trop timoré. Il a par moment refusé le jeu, refusé d'aller au combat, et refusé de provoquer ses adversaires. Résultat : des pertes de balle à la pelle, des mauvais choix, des mauvaises courses, des mauvais contôles... Une totale ! Il n'a véritablement été présent que pendant cinq minutes en première période, de la 20' à la 25'. Moment où il délivra un caviar à Haguy qui loupait l'immanquable et où il eut une énorme occasion en face à face avec Elana. Pour le reste. C'était du Hamouma moyen, sans pour autant être excécrable.
Haguy - (non noté) : Sa chance, c'est de n'avoir joué à peine une demi-heure. En à peine 30 minutes, il nous a fait sa panoplie. Des dribbles chaloupés à destination des panneaux publicitaires en touche ou en sic mètres, des passes dans le vide ou à l'adversaire. Et surtout... Bien servi par Hamouma, et bien aidé par une sortie loupée de Elana, Haguy était seul dans les six mètres. Mais il propulsa le ballon à 3000 années lumières de la barre du but brestois (21'). Sans m'acharner, n'importe quel supporter lavallois vous dira que ce joueur est mauvais. Et sans m'acharner, je le répète : une nouvelle fois, il a été mauvais. Et son départ ne va pas me tirer une traître larme. Il fut remplacé par Raddas (28') (noté 3), dont la prestation semble tourner comme un vieux disque rayé. Quasiment aucun duel de gagné, une multitude de mauvais choix, une utilité digne du néant sur le terrain. Le mot "collectif", il ne connaît pas. Par contre, l'expression je-prends-la-balle-dans-le-rond-central-à-mon-coéquipier-et-je-vais-dribbler-seul-six-défenseurs-alors-que-j'ai-deux-coéquipiers-totalement-démarqué-sur-les-côtés doit être sa devise de jeu. Il a été tout simplement affreux sur la pelouse. A son actif (quand même...), une frappe au-dessus et un coup-franc bien tiré sur la tête de Genest. Un bien beau ratio en une heure de jeu. "El Fenomeno" tire donc sa révérence à Laval sur une prestation atypique. Et ce ne sont pas ses larmes au coup de sifflet final qui allaient m'attrister. Au contraire. Si le club a décidé de ne pas le garder comme son faux frère Haguy, c'est qu'il y a bien une raison sportive...
Le Pen - 5 : Lui aussi, c'était sa dernière à LeBasser sous le maillot Tango. Et on a senti que la retraite était proche. Des jambes en coton, des accélérations digne d'un Valéry Giscard d'Estaing en pleine action avec Lady Diana, l'ancien Lorientais aura connu les pires difficultés du monde à entrer dans ce match. Alors qu'on ne voyait rien de positif le concernant, il a eu les dernières ressources pour aller au pressing sur Ferradj pour le pousser à la faute. Il profita de l'occasion pour délivrer un caviar de centre en retrait à Genest. Une belle ovation pour sa dernière de la part du public. Une sortie félicitée et congratulée par tous les joueurs sur le terrain. Remplacé par Do Marcolino (80'), qui eut le mérite de se battre pendant ses dix minutes de présence.
Genest - 6.5 : Enfin ! Enfin il s'affirme au sein de l'attaque lavalloise. Il arrive à tout faire combiner : ses efforts pour créer des appels dans le dos de la défense, ses efforts pour récupérer des ballons, et ses efforts pour marquer et faire trembler les filets. Après un début de match timide, où il ne réussissait rien de bien intéressant offensivement, il s'est mis alors à faire son Genest. Courant partout, il a récupéré un bon nombre de ballons de forte belle manière. Le tout avant de marquer ce but (certes facile à mettre) mais plein de rage au moment de frapper la balle. Dommage que cela intervienne en fin de saison. En espérant qu'il conserve cette dynamique pour la saison prochaine. Il pourrait être notre serial-buteur que Laval a tant cherché cette saison...
Genest, bien que trop isolé, aura su trouver l'ouverture à travers la défense brestoise [Fabien Chauvel]
Stade Brestois : (moyenne de 6,3/10)
Elana - 6 : Il a alterné le chaud et le froid, le soleil et la pluie, les prouesses et les boulettes, les Renault 19 et les Renault 5 avec pare-choc en déliquescence. Tout d'abord à la rue sur le centre de Hamouma, heureusement pour lui lamentablement mal négocié par Haguy, il réalisa une parade exceptionnelle face à Hamouma. Par la suite, on ne le vit que trop peu pour se donner une idée plus grande de sa prestation. Victime de la maladresse de Ferradj sur le but encaissé. Des sorties aériennes pleines d'autorité. Le meilleur gardien élu aux Trophées UNFP n'a tout de même guère justifier ce titre. Balijon lui a été supérieur.
Ferradj - 5 : Le milieu placé exceptionnellement en arrière droit a énormément souffert. Pas face à Haguy, dont il n'avait strictement rien à craindre. Mais face à Le Pen et Hamouma, il a connu de grandes difficultés à contenir les deux ailiers lavallois. Coupable sur le but encaissé avec une mauvaise passe en retrait vers son portier, il est d'ailleurs sorti immédiatement après, remplacé par Coulibaly (75'), ce qui constitua le seul changement breton. Concernant la performance de Coulibaly, trop discret pour être jugé.
Brou Apanga - 6 : Impresionnant de sérénité défensive ! Il a semblé imprenable pendant toute la rencontre. Il faut dire qu'avec sa carure, ce n'est pas le petit Genest ou Le Pen qui allait le déranger. Même avec l'entrée de Raddas, il n'eut aucun souci à cadenasser l'axe central. Il n'avait qu'à profiter des offrandes de Raddas et Le Pen. On lui a attribué, un temps, le premier but brestois, finalement accordé à Poyet. L'homme du premier but encaissé par les Mayennais en Ligue 2 a récidivé par une bonne prestation.
Kantari - 6 : Tout comme son compère de l'axe central, il a parfaitement verrouillé le chemin des buts par la voie axiale. Toujours présent au marquage, sa seule petite erreur intervient sur le second but où il a laissé échappé Genest dans son dos. Mais à 2-0, on lui pardonnera. Lui aussi conclut une belle saison avec un club qui aura tout à gagner l'an prochain en Ligue 1.
Daf - 6 : L'un des arrières gauches le moins mis en difficulté par Romain Hamouma. Il s'est fait surprendre uniquement sur un centre. Sinon, il a clairement montré au Lavallois qu'il ne fallait pas qu'il espère passer. L'ancien sochalien a lui aussi été costaud. Sans aucun affolement, il contenu Hamouma et Gonçalves, tout en combinant très bien avec Grougi et Lesoimier. Pour la Ligue 1, ce joueur sera essentiel pour les Bretons, à mon humble avis.
Poyet - 6.5 : Sur son couloir droit, il a gêné Stinat, tout en profitant des espaces de Haguy et Le Pen. Pourtant, il n'a jamais eu ce petit truc final qui fait la différence dans le dernier geste. Il a gaspillé, loupé des passes faciles avant de délivrer les siens avant la mi-temps, en déviant du sommet du cuir chevelu le coup-franc de Grougi. Le but qui a lancé les Brestois sur l'autoroute de la victoire, et qui aurait pu valoir cher pour le titre. En seconde période, il mit la pagaille pendant un quart d'heure dans la défense, notamment en délivrant le centre gagnant vers Socrier. Un but, une passe décisive : un match complet, entâché de quelques moments d'absence.
Ewolo - 6 : Le plus en retrait des milieux côté brestois. Et pourtant, on ne peut pas dire que le capitaine breton soit passé à côté de la partie. Il a juste été éclipsé par de très bonnes prestations de ses coéquipiers. Car il a réalisé un bon match au milieu de terrain, gênant considérablement Lebouc et Gonçalves. Il s'est même porté quelque fois à l'attaque, sans pour autant faire la différence. Une prestation correcte et solide.
Grougi - 7 : "Il a vraiment trois poumons !", pour reprendre les belles paroles de Christian Jeanpierre. Il n'a pas pas cessé de se dépenser pour récupérer des ballons, offrir des solutions à ses coéquipiers, prendre les couloirs, apporter le surnombre offensivement et étaler sa technique balle au pied. Dans le jeu, il m'a fait un peu penser à Gonçalves, toujours présent, à la fois bon récupérateur et bon technicien. Un joueur que j'ai beaucoup apprécié. Polyvalent, il offre un maximum de solutions.
Lesoimier - 6.5 : Il revenait de blessure depuis quelques matchs. Il y a un mois presque jour pour jour, il était, en compagnie de Ferradj et de Pontdemé (qui a ciré le banc à LeBasser vendredi), déjà en Mayenne pour le compte de la CFA2 avec la réserve de Brest contre Changé (0-1). Comme contre Changé, Lesoimier a semé la zizanie sur son côté gauche. Sa capacité d'accélération est assez phénoménale, et met n'importe quel défenseur dans le rouge. Un peu dans le genre Romain Hamouma en début de saison. Pétri de talent, il aurait pu apporter l'estocade finale sur quelques occasions. Sans succès.
Leroy - 7.5 : L'homme du match sans aucun doute possible. Il a été virevoltant et tout simplement imprenable pendant ce match. Il a récupéré des ballons dans des positions improbables, il a dérouté la défense mayennaise par ses dribbles imprévisibles, et sa vitesse balle au pied a mis en difficulté Chapuis. Il ne lui a manqué qu'un but pour récolter une note suprême. Mais par deux fois (62', 84'), Balijon sortait le grand jeu pour éviter la déroute promise à son équipe. Un joueur à suivre impérativement la saison prochaine.
Socrier - 7 : Comme Rivière avec Ajaccio, Socrier, l'ancien lavallois lui aussi, a fait beaucoup de mal aux Lavallois. Discret, il sait se placer au bon endroit au bon moment pour pouvoir faire trembler les filets. Il a le sens du but dans la peau, et Laval l'a appris à ses dépends. Auteur du second but, celui de la victoire (65'), il aurait pu s'offrir un doublé sans une intervention de grande classe d'Arnaud Balijon (68'). Il a su se rendre disponible pour ses milieux. Même sans Nolan Roux, Brest a de la réserve...
Lesoimier qui s'échappe dans le dos de Gonçalves, sous les yeux de Lebouc et Grougi [Fabien Chauvel]