Rugby : Edimbourg - Stade Français (phase de poules de la H-Cup)

Publié le par Neibaf Levuahc


Une défense parisienne héroïque !


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By Fabien CHAUVEL


Le Stade français n’a plus besoin que d’un point pour décrocher son billet pour les quarts de finale. Le problème pour les Parisiens, c'est que la première partie de saison n'a pas été des plus faciles. Seulement septième du Top 14, le club est miné par les blessures et les suspensions. Assez paradoxalement, la Coupe d’Europe fait un peu figure d’éclaircie dans la tempête. Premiers de la poule 4, les Parisiens sont en très bonne voie pour les quarts de finale puisqu’ils comptent quatre points d’avance sur leur premier poursuivant, l’Ulster. Ils n’ont en fait besoin que d’un point pour empocher leur billet. Face à Edimbourg, déjà éliminé en H Cup mais troisième de la Ligue celte devant le Leinster et le Munster, la tâche ne sera pas aisée mais pas non plus insurmontable. Les Ecossais voudront certainement l’emporter pour plusieurs raisons. D’abord, pour s’offrir une victoire de prestige. Ensuite parce qu’ils ont un rôle d’arbitre à jouer pour la qualification entre Paris et l’Ulster. Aussi car Edimbourg, en finissant deuxième en cas de défaite de l’Ulster à Bath, peut être reversé en Challenge européen. Aussi, pour l’instant, Edimbourg est invaincu à domicile, à Murrayfield, depuis le début de la compétition européenne et voudra sûrement le rester. Enfin pour préparer au mieux la Ligue celte. Car cette dernière est bien désormais devenue l’objectif prioritaire des Ecossais. En effet, ceux-ci pointent à la troisième place du classement, notamment devant le Leinster et le Munster. Un succès sur le Stade français permettrait évidemment de se mettre dans les meilleures conditions… Surtout, les Ecossais comptent parmi eux l'un des meilleurs pieds du rugby international, Chris Patterson et ses 224 points marqués en H-Cup sous le maillot d'Edimbourg. Malgré cela, les hommes de Max Guazzini seront surmotivés après la suspension de 70 jours prononcée par l’ERC à l’encontre de David Attoub mardi.  "Evidemment que cette sanction est une motivation supplémentaire, confirme le deuxième ligne Pascal Papé dans Midi Olympique. On nous a enlevé deux éléments importants de notre effectif. Nous allons désormais jouer pour Julien [Dupuy] et pour David." Les Parisiens pourront compter sur les retours de Taylor, absent depuis douze semaines, et de Gerber. Le premier prendra place sur le banc tandis que le second sera positionné à droite de la mêlée. Bastareaud, ménagé, sera remplaçant dans la perspective du match de Top 14 à Castres mercredi tandis qu’ Arias et Marchois sont eux laissés au repos en raison d'une gastro-entérite et d'une angine. Mais il ne faut pas le club de la capitale ne s'enflamme trop vite, puisqu'il ne s’est pas qualifié pour des quarts de finale de H Cup depuis deux saisons. Le dernier date de 2007-2008 et les Parisiens s’étaient inclinés 20-21 contre Leicester. 

Papé créé la percée

Dès les premères minutes et dans un Murrayfield au deux tiers vide, les Ecossais vont mettre la pression sur les Stadistes tout de rose vêtus. Edimbourg occupe parfaitement le terrain grâce à une subtile alternance entre un jeu vif et rapide à la main et un jeu au pied toujours dangereux, notamment avec Patterson à la botte. Les Français ne se contentent que de défendre et s'appuient sur le fait qu'un seul et unique point leur suffit. Face aux phases de jeu répétées des Ecossais, la défense parisienne subit, reste solide et compacte mais doit finalement concéder une pénalité à leur adversaire, face au poteau. Chris Patterson ne se fait pas prier dans ces circonstances pour débloquer le tableau d'affichage (3-0, 12'). Même menés au score, les Dieux du Stade ne montrent aucun signe de révolte et de réaction et reste avec cet état d'esprit qu'il reste qualifié, même mené de trois points grâce au bonus défensif. Ils rendent trop facilement le ballon aux joueurs d'Edimbourg et restent trop brouillons dans leur phase de jeu offensive, alors que les Ecossais gèrent parfaitement leur coup de pied en trouvant de bonnes touches, qu'ils exploitent toutefois assez mal en ne se procurant pas de réelles opportunités de marquer un essai. Mais dans l'adversité, les hommes de Delmas et Faugeron vont enfin pénétrer dans les 22 mètres écossais. Après une mêlée engendrée par un en-avant britannique, le ballon sort pour Mieres qui remet intérieur à Boussès. L'ailier parisien s'écroule à un mètre de l'en-but. Papé ramasse et aplatit, en force, sous les poteaux pour le premier essai du match, transformé sans souci par Beauxis (3-7, 28'). Pour autant, cet essai ne marque pas le réveil parisien. Les coéquipiers de Patterson continuent de développer leur jeu fait de passes rapides pour dynamiser leurs offensives et dynamiter la défense parisienne. Après deux ou trois charges efficaces des "gros", les défenseurs stadistes se mettent à la faute et sont sanctionnés par M. Barnes. A 35 mètres, quasiment face aux perches, Patterson ne tremble pas et permet à son équipe de recoller au score juste avant la mi-temps (6-7, 38'). A la pause, les joueurs de la capitale déjouent totalement et se mettent en danger tout seul. Pourtant, au tableau d'affichage, ils sont devant, ce qui reste assez flatteur pour eux. A ce rythme-là, il n'est pas assuré que les Stadistes marquent ce fameux point synonyme de qualification.

Par un trou de souris...

Sous une bruine incessante typiquement britannique, les Français entament la seconde période avec le même scénario que lors de la première période, c'est à dire un usage abusif du jeu au pied qui fait le bonheur des Ecossais qui bonifient ces ballons en ballons d'attaque. Sur une nouvelle poussée, les Parisiens commettent une énième faute. Toujours aussi impeccable dans son rôle, Patterson envoie la gonfle entre les perches et permet à Edimbourg de repasser devant dès le début de la seconde période (9-7, 47'). Les joueurs de Jacques Delmas n'y arrivent décidément pas. Brouillons, timides, ils ne parviennent pas à franchir le mur qui se dresse face à eux. Ils sont même contraints de jouer dans leur camp, étouffés par la pression de l'adversaire. A l'inverse, comme porté par une certaine euphorie, les Ecossais se ruent à l'attaque et mettent sérieusement à mal le XV parisien, sans pour autant aller décrocher cet essai qui ferait plonger les Français à la seconde place du groupe.  Les trois-quarts écossais mettent le feu dans la défense parisienne. Les gros prennent le relais et pilonnent l'adversaire sur sa ligne d'essai. Après dix temps de jeu où les Parisiens ont défendu bec et ongles leur bout de viande, l'arbitre M. Barnes donne une mêlée à cinq mètres de la ligne d'en-but parisienne, avec introduction pour Edimbourg. Malgré une nouvelle récupération de l'ovale et le pillonage dans les cinq derniers mètres, les partenaires de Thompson ne parviennent pas à applatir le ballon et marquer cet essai qui anéantirait tout espoir des joueurs de la Capitale. Après une nouvelle offensive de 17 phases de jeu, les Parisiens se défendent et contiennent les assauts, avec un Matthieu Bastareaud tout simplement énormissime. Les hommes de Max Guazzini montrent un courage et une abnégation exceptionnelle, qui leur permettent de tenir ce résultat, synonyme de qualification. A défendre, les Parisiens s'exposent aux fautes, et concèdent une nouvelle fois une pénalité. Paterson sorti, c'est Thompson qui endosse le rôle de buteur. Avec moins de réussite, puisque pour sa première tentative, le ballon passe à gauche des poteaux (72').
Les dernières minutes seront terribles pour le Stade Français, Edimbourg ne cessant de pousser et de presser la défense parisienne. A force d'abnégation, la troupe de Guazzini résiste, mais commet une ultime faute, dans les dernières secondes. Thompson, aux 40 mètres, en coin. Mais son coup de pied est trop court et le score ne bougera plus (80'). Malgré leur défaite 9 à 7 face à Edimbourg, le Stade Français se qualifie pour les quarts de finale, après deux années d'absence. Il rejoint donc Biarritz, Toulouse et Clermont côté français. Avec quatre représentants, on attend des clubs français une excellente prestation dans cette coupe d'Europe. Côté Parisien, on passe par un trou de souris, avec ce point de bonus défensif nécessaire pour la qualification. Mais le plus dur reste à venir...

Edimbourg - Stade Français : 9-7 (6-7)
Essai :
Papé (28') pour Stade Français
Transformation : Beauxis (28') pour Stade Français
Pénalités : Patterson (12', 38', 47')

Edimbourg : Patterson (Webster, 52') - Robertson, Cairns, De Luca (Houston, 41'), Thompson - (o) Godman, (m) Laidlaw - Rennie (Newlands, 34'), Grant, Mac Donald - J. Hamilton, MacLeod (C. Hamilton, 65') - Cross, A. Kelly (Ford, 52'), Traynor (Jacobsen, 65')

Stade Français : Beauxis - Gasnier, Messina, Boussès (Bastareaud, 47'), Dj. Camara - (o) Mieres, (m) Southwell - Ma. Bergamasco (S. Taylor, 52'), Leguizamon, Haskell (Ma. Bergamasco, 74') - Papé, Palmer - Gerber (P. Ledesma, 59'), Szarzewski (Kayser, 50'), Roncero (Slimani, 66')


Le joueur du Stade Français marc Gasnier plaqué par un Ecossais, le 23 janvier 2010 à Edimbourg


Marc Gasnier et le Stade Français, avec courage, ont obtenu leur qualification [AFP]

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Publié dans Rugby

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V
<br /> Très bon résumé. Le match était assez ennuyant. Beaucoup de coup de pieds et pas assez de contact !<br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Le Stade Français était venu pour prendre un point, pas plus. Ils l'ont fait. Il est vrai que la manière laisse à désirer. Mais si on peut retenir une chose de match, c'est la défense parisienne<br /> dans le dernier 1/4 heure qui a juste été héroïque et infranchissable, avec un Matthieu Bastareaud énorme. Lui qui est toujours contesté pour ses frasques lors de la tournée dans l'hémisphère Sud<br /> montre quand même qu'il a un sacré niveau. Pour tout ses détracteurs qui opinent du nez concernant sa qualification, je pense qu'il devrait mettre leur haine de côté, et se rendre compte que<br /> Matthieu est un super joueur de rugby. Après, il y aura toujours des cons sur Terre...<br /> <br /> <br /> <br />